La décision, prise par le gouvernement d'abandonner la taxe carbone en attendant une éventuelle décision européenne, satisfait 61 % des Français, selon un sondage BVA-Absoluce diffusé mercredi (31 mars) par Les Echos et France Info.
24 % des Français se déclarent "très satisfaits" que "Nicolas Sarkozy et le gouvernement aient décidé de ne pas mettre en place la taxe carbone pour le moment". 37 % sont "plutôt satisfaits". 11 % sont "très mécontents" et 22 % "plutôt mécontents". 6 % ne se prononcent pas.
Les sympathisants de droite sont plus nombreux à être satisfaits de l'abandon de la taxe (72 %) que ceux de gauche (54 %). Les catégories supérieures (CSP+) sont satisfaites pour 54 % d'entre eux, tandis que les catégories employés et ouvriers sont 70 % à exprimer leur satisfaction.
François Fillon a annoncé mardi (23 mars) l'abandon de la taxe carbone, en soulignant qu'elle devait se faire au niveau européen. Le Premier ministre a indiqué que cette taxe devait être européenne "pour ne pas plomber la compétitivité" des entreprises françaises.
Le sondage a été réalisé dans le cadre du "baromètre de la politique économique" BVA-Absoluce-Les Echos-France Info les 26 et 27 mars auprès d'un échantillon représentatif de 1006 personnes.
N. Hulot se donne deux mois pour réfléchir
Interrogée sur le retrait de la Fondation Nicolas Hulot du Grenelle de l'environnement, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a expliqué "avoir eu Nicolas Hulot depuis" : "(...) Il me dit qu'il veut prendre un recul de deux mois. Nicolas Hulot va revenir, il a dit lui-même qu'il fait un bilan. Il verra s'il revient dans deux mois".
"Il y a toujours eu ces relations compliquées avec les ONG, c'est normal : on ne peut pas leur dicter leur comportement, elles ont leur liberté de parole" a-t-elle insisté, attribuant la "montée de l'écolo-scepticisme (...) à un problème de pédagogie global, de notre part ou de la leur".
Des propos mal compris
Chantal Jouanno est aussi revenue sur ses propos prononcés après l'abandon de la taxe carbone : "Si mes propos ont été mal compris ou ont blessé, je le regrette car ce n'était pas du tout l'objectif. Mais mieux vaut être plus passionnée et convaincue que pas assez" a-t-elle déclaré sur RTL.
"Maintenant, il faut avancer, se retrousser les manches. Le désespoir ne peut être que provisoire et temporaire » a-t-elle poursuivi. Il y a une semaine, Chantal Jouanno s'était avouée "désespérée par ce recul" du gouvernement sur la taxe carbone.
Quelques heures plus tard, elle avait été réprimandée par le président de la République pour ses déclarations : "Je n'ai pas apprécié ces propos. J'ajoute que les ministres n'ont pas à être désespérés, ils ont à faire leur travail. Il y a une stratégie, elle a été fixée par François Fillon et par moi-même, que chacun s'y tienne".