L'union fait la force ! A Berlin, les dirigeants de l'agriculture de 45 pays des cinq continents ont récemment décidé de promouvoir ensemble la recherche en matière de technologie et les transferts de technologie afin de concilier l'agriculture et le développement durable.
Il faut limiter les émissions nocives
"Conscients" des défis que le dérèglement climatique pose à l'agriculture et des conséquences de la production agricole pour le climat, les ministres allemand, français, espagnol, chinois, russe, polonais, mexicain, burkinabé ou encore congolais se sont engagés à "optimiser la production" de façon à limiter au mieux les émissions de carbone et autre méthane nocifs pour l'environnement.
"Dans certaines régions du monde, l'agriculture ne sera plus possible à l'avenir sans efforts redoublés aujourd'hui. (...) Chacun des pays réunis s'est engagé à faire un climat-check et regarder comment atteindre un optimum entre agriculture et climat a souligné la ministre allemande Ilse Aigner.
"La Politique agricole commune est essentielle"
"Il faut que nous fassions des efforts massifs de recherche dans l'agriculture, investir davantage (...) En Europe, cela justifie une politique agricole commune et ambitieuse. (...) Nous refuserons toute politique qui braderait la Politique agricole commune. La Politique agricole commune est essentielle, nous la défendons" a dit le ministre français Bruno Le Maire.
Ce dernier est également favorable à ce qu'"un lien soit établi entre l'effort pour le développement durable et l'effort agricole" avec en filigrane l'idée que les producteurs faisant un effort pour l'environnement puissent en être récompensés.
Le ministre français plaide aussi pour une régulation des marchés européens, estimant que "la volatilité des prix est insoutenable pour les agriculteurs européens".
Trouver des semences qui s'adaptent aux changements climatiques
Le ministre burkinabé Laurent Sédogo a souligné que pour l'Afrique, la question est de savoir "comment la richesse va nous aider à trouver des semences qui s'adaptent aux nouvelles contraintes" climatiques.
De son côté, le vice-ministre chinois de l'Agriculture Niu Dun a relevé l'importance d'une "coopération internationale renforcée" et plaidé pour une augmentation des budgets agricoles partout dans le monde.
Il a souligné que les changements du climat avaient déjà causé beaucoup de dégâts à l'agriculture chinoise, avec par exemple des récoltes piscicoles perdues à 80 % en raison de chutes brutales de la température. La Chine se concentre sur des idées novatrices comme la culture de riz "sèche", sans recourir à l'eau.