La France ne parvient pas vraiment à améliorer la qualité de l'air en ce qui concerne l'ozone, le dioxyde d'azote et les particules. La situation ne s'améliore pas voire elle aurait plutôt tendance à se dégrader a déclaré Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.
Cependant, tout n'est pas négatif ! Il y a "un point positif qui est l'amélioration sur les polluants lourds" comme le plomb, a-t-elle indiqué. Le rapport indique également que "la baisse se poursuit pour le monoxyde de carbone, le benzène et le dioxyde de souffre (S02)".
Les points négatifs ?
La pollution au dioxyde d'azote (NO2) a stagné voire augmenté en France en 2009, selon le bilan de la qualité de l'air publié mercredi (28 juillet) par le ministère de l'Ecologie.
Les tendances globales de concentration de dioxyde d'azote (NO2), gaz irritant pour les voies respiratoires, "montrent une légère augmentation entre 2008 et 2009 que nous n'avions pas connue depuis 2005. Et cette augmentation se manifeste notamment à proximité des grands axes routiers.
La concentration des particules PM10 (inférieures à 10 microns), qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons, a aussi augmenté. Cette augmentation s'explique par un recours accru au charbon, fioul et bois pour le chauffage, en raison d'un hiver 2009 particulièrement froid.
La pollution à l'ozone, qui résulte de l'action du soleil sur certains polluants automobiles et industriels, reste préoccupante. Les concentrations relevées durant l'été 2009 "confirment l'évolution constatée à la hausse", notamment dans le sud-est, indique le rapport.
Des milliers de morts chaque année
Selon l'Organisation mondiale de la santé, il y aurait 42.000 morts prématurées en France chaque année du fait de problèmes de qualité de l'air", un "jeune sur 10 souffrirait d'asthme" et "30 à 40 % des Français seraient victimes d'allergies".
Le ministère présente un "plan particules"
Pour tenter d'inverser la tendance, le ministère de l'Ecologie a présenté un "plan particules", visant à réduire de 30 % d'ici 2015 la teneur dans l'air de ces micropoussières, pour certaines cancérigènes, qui peuvent pénétrer profondément les poumons.
Une série de mesures dans tous les secteurs les plus émetteurs Le premier est la combustion du bois (40% des émissions). Le gouvernement veut, par exemple, "renouveler au plus vite" le parc d'appareils de chauffage au bois grâce à des crédits d'impôt, afficher les performances environnementales des chaudières ou encore faire respecter l'interdiction du brûlage à l'air libre. A l'occasion de l'entretien annuel des chaudières, les "professionnels feront désormais une information sur les niveaux d'émission" de particules pour sensibiliser les particuliers.
Il y a aussi le secteur des transports. S'il n'est responsable au niveau national que de 14 % des émissions, ce taux peut bondir jusqu'à 70 % dans les grandes agglomérations.
Le plan veut aussi expérimenter des "zones d'actions prioritaires pour l'air" (ZAPA) "autour et dans certaines agglomérations volontaires". Déjà en place dans plusieurs pays européens, ces zones également appelées low emission zones (LEZ), où par exemple l'accès des poids lourds est limité, ont "permis de réduire le taux de particules de 30 %" a précisé Chantal Jouanno.
Quant aux voitures, "la mise en place progressive de la norme Euro 5" pour les filtres à particules "doit normalement permettre de régler la question des véhicules neufs" selon Chantal Jouanno. "Le problème est qu'il faut 15 ans pour renouveler le parc" a-t-elle reconnu.