Shell doit prendre son mal en patience et attendre (peut-être) 2012 pour lancer un programme de forages sous-marins au large de l'Alaska.
"Nos projets de forages en 2010 ont été suspendus à la suite de l'explosion" de la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP (...) a rappelé le directeur général du groupe pétrolier anglo-néerlandais, Peter Voser.
Il a aussi rappelé que Shell avait multiplié ces dernières années les investissements dans les ressources d'hydrocarbures sous-marines en Alaska, en pure perte pour le moment puisqu'il n'a pu procéder à aucun forage dans cette zone prometteuse située aux confins de l'Arctique.
Les écologistes se réjouissent de cette décision
Aux Etats-Unis, l'organisation écologiste Sierra Club a salué le report à 2012 des projets de forages de Shell. "C'est une victoire pour la sécurité des ouvriers et pour l'environnement" qui craint pour l'intégrité de l'océan Arctique en cas de marée noire. "L'Arctique ne devrait pas être choisi par les grandes sociétés pollueuses qui récoltent déjà d'énormes profits" a expliqué un des responsables du Sierra Club. "A la vérité, il est impossible de nettoyer après une marée noire dans l'Arctique" a-t-il assuré.
De son côté, le Centre américain pour la diversité biologique s'est prononcé pour que les autorités américaines n'autorisent jamais Shell à forer dans la région. "L'ours polaire et le reste de la faune de l'Arctique en Alaska, ainsi que les communautés locales qui dépendent d'un océan propre, ont eu droit à un répit bien mérité" a expliqué Brendan Cummings, un responsable de cette ONG.
Shell, qui avait participé au développement de l'extraction pétrolière en Alaska dès les années 1950, s'était retiré de la région à partir de 1997. Mais il y a fait un grand retour depuis 2001.
Les compagnies pétrolières internationales multiplient les projets de forages dans l'Arctique, qui recèlerait d'immenses ressources en hydrocarbures, au grand dam des défenseurs de l'environnement.
La compagnie britannique BG Group a lancé l'an dernier une campagne d'exploration au large du Groenland, et BP a conclu en janvier une alliance stratégique avec le groupe Rosneft en vue de prospecter et d'exploiter en commun une immense zone au coeur de l'Arctique russe.