La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a demandé au préfet de l'Isère de réunir, dès la semaine prochaine, un comité de pilotage afin qu'une campagne de mesures de mercure sur un site de la société Arkema ait lieu sans plus attendre".
L'étude publiée jeudi par France Nature Environnement fait en effet état qu'à Jarrie, dont l'usine se trouve en zone urbanisée et plus particulièrement à côté d'une école maternelle", les émissions de mercure, utilisé pour produire du chlore, culminent à 20.000 nanogrammes/m3, avec un "bruit de fond" supérieur à 300 ng/m3 soit vingt fois le seuil de risque défini par l'Organisation mondiale de la Santé et plus de 100 fois celui recommandé par l'Agence américaine d'enregistrement des substances toxiques.
Les mesures réalisées antérieurement n'avaient jamais conduit à détecter de telles anomalies
"Le rapport de France Nature Environnement fait état de mesures discordantes concernant l'usine Akerma à Jarrie (Isère). Les mesures réalisées antérieurement sur ce même site n'avaient jamais conduit à détecter de telles anomalies. Aussi va-t-il être organisé une campagne de mesures conjointe avec France Nature Environnement, l'industriel et l'association agréée de surveillance de la qualité de l'air" souligne le ministère.
La direction du site a immédiatement réagi et déclaré que ces résultats étaient en contradiction avec les mesures du réseau local chargé de veiller à la qualité de l'air.
Le ministère entend rouvrir le dossier du report
Le ministère indique qu'il entend "rouvrir le dossier" du report à 2019 (l'année 2010 était initialement prévue) de l'engagement européen sur la fin programmée du processus de fabrication du chlore à base de mercure.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno pourraient "réunir les industriels concernés, pour qu'ils présentent les échéances auxquelles ils prévoient de faire évoluer leur procédé".
Le mercure dans l'air est anormalement élevé aussi à Harbonnières
Le mercure est encore utilisé en France dans la fabrication du chlore par six sites industriels, qui ont en effet bénéficié d'aménagements de calendrier.
Outre l'usine d'Arkema à Jarrie (Isère), la présence du mercure dans l'air est anormalement élevée aux alentours de la Société des produits chimiques d'Harbonnières (Somme) : 400 à 600 nanogrammes/m3 tout au long de la mesure, avec des pics excédant 1000 ng/m3. Il faut savoir que la production de chlore est installée dans le village et au coeur des cultures agricoles.
De son côté, le ministère du Développement durable a rappelé que l'industrie du chlore n'est responsable que de 8% environ (500 kilos) des 8 tonnes de mercure rejetées chaque année en France par les installations industrielles, en particulier les incinérateurs, la sidérurgie, les cimenteries ou les centrales thermiques au charbon.
Le saviez-vous ?
Selon la circulaire du 20 avril 2007, l'industrie du chlore doit réduire de 47% les rejets de mercure dans l'air d'ici 2010 par rapport à 2000 et de 25 % les rejets dans l'eau en 2015, parrapport à 2005.