Le gouvernement a présenté mercredi les grandes lignes de son plan contre les algues vertes, avec des mesures qui ont été immédiatement critiquées à la fois par les agriculteurs et les environnementalistes de Bretagne. Ce plan qui représente un montant de 134 millions d'euros sur la période 2010-2014 a pour premier objectif d'assurer "une gestion irréprochable des algues vertes qui sont échouées en améliorant leur ramassage et leur traitement", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. Son but affiché est "de supprimer tout risque sanitaire et de réduire les nuisances". Les mesures visent aussi à "réduire les flux de nitrate vers les côtes", notamment en "modifiant les pratiques agricoles", en mettant en place la "traçabilité des flux d'azote" ainsi qu'en "renforçant les contrôles". Un dernier volet prévoit enfin "d'améliorer les connaissances sur le phénomène de prolifération des algues vertes et sur les moyens de leurs valorisation", selon Luc Chatel.
Prolifération des algues vertes en Bretagne
Réactions
Sans attendre les détails du plan qui seront présentés vendredi à Rennes par M. Le Maire et Mme Jouanno, les réactions ont fusé. Agriculteurs et environnementalistes déplorent l'absence de concertation: "ce n'est pas notre plan, c'est le plan du gouvernement", dénoncent les deux parties qui avaient en revanche été associées aux travaux menés par la mission interministérielle à l'automne dernier en vue d'établir le rapport qui a servi de base au plan.
Par la voix du CAP (Comité pour une agriculture positive), une structure récente émanant des organismes professionnels majoritaires, les agriculteurs, inquiets de devoir supporter de nouvelles contraintes dans un contexte économique déjà difficile, ont tenté d'allumer des contre-feux. Ils ont insisté sur la "co-responsabilité" des collectivités vis à vis des algues vertes, évoquant "stations d'épuration pas aux normes" et "assainissement insuffisant", par la voix de Laurent Kerlir, président de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles).
Le CAP a également insisté sur la nécessité de nouvelles études menées par des "scientifiques indépendants et neutres" pour déterminer les mesures les plus efficaces pour les baies concernées.
Pour les associations, les questions majeures restent sans réponse: la priorité est-elle donnée à la prévention ou "à la gestion curative des algues vertes"? S'interroge Eau et Rivières.