La protection des mers, voilà la priorité de l'Allemagne ! Dans un document, Berlin prône une utilisation mesurée des ressources venues des fonds marins.
Les premiers visés sont les pêcheurs. L'Allemagne, qui possède une flotte de pêche pourtant modeste, a choisi son camp : la protection de la mer avant les intérêts des pêcheurs.
"L'Allemagne veut que les mers qui l'entourent soit en bon état d'ici 2020. Il est décisif que la protection des milieux marins devienne un pilier de la politique (allemande), et ce, même s'il doit par exemple y avoir des conflits d'intérêt avec la pêche" affirme Sigmar Gabriel, ministre de l'Environnement.
Le chalutage de grands fonds montré du doigt
Le gouvernement ne veut pas interdire la pêche mais plutôt encourager une pêche de qualité qui ne met pas en danger les réserves halieutiques et qui permet leur reconstitution dans les eaux allemandes.
Berlin affiche sa détermination à lutter contre les répercussions du chalutage de grands fonds.
Ce mode de pêche, qui consiste à passer l'habitat sous-marin au bulldozer pour ne garder que 20% des prises, inflige des dommages irréversibles à la vie sous-marine.
L'Espagne, le Danemark et la France sont particulièrement intéressés car ils figurent parmi les pays d'Europe qui pratiquent cette technique.
Berlin prône aussi :
- un recours important à des instruments de pêche "sélective" et respectueux des écosystèmes des mers et des côtes menacés par la surpêche, la pollution (rejets toxiques) et le trafic maritime croissant
- un renforcement des espaces naturels protégés, "y compris en haute mer"
- une limitation plus forte de la pêche par l'Union européenne
- la création d'un label écologique de pêche
Berlin consacre depuis des années une bonne partie de ses efforts à l'assainissement de la Mer Baltique mais veut accroître la pression sur ses voisins.
L'organisation écologiste WWF s'est félicitée du signal lancé à l'Union européenne par l'Allemagne : "Elle veut assainir d'ici 2020 la nature abîmée de la mer du Nord et de la Mer Baltique et poser les jalons d'un équilibrage des intérêts économiques et environnementaux".
De son côté, Greenpeace regrette que Berlin n'ambitionne pas de créer des zones de protection marine qui interdiraient la pêche et l'extraction de matières premières, comme près de l'île de Sylt ou dans la mer des Wadden.