Le commissaire européen chargé de la Santé, John Dalli, a défendu sa proposition de débloquer les autorisations de cultures d'OGM dans l'Union européenne en laissant le choix aux Etats de les appliquer ou non.
Il propose de laisser les gouvernements libres d'interdire les OGM sur leur territoire en échange de leur accord pour débloquer les autorisations de culture et de commercialisation. La Commission doit se prononcer sur cette proposition le 13 juillet prochain. "Ce sera aux Etats de décider d'autoriser l'utilisation de leur territoire pour la culture" de l'OGM concerné, "une fois qu'une décision d'autorisation est prise au niveau européen" a-t-il souligné.
Concernant le projet de Bruxelles, la France a émis des réserves. Le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, a exigé un renforcement des expertises sur les effets des OGM sur la santé et l'environnement.
A l'avenir, les autorisations d'organismes génétiquement modifiés "feront l'objet d'une évaluation beaucoup plus robuste qu'aujourd'hui", et mettront "plus l'accent sur l'environnement, les aspects sociaux, et plus de surveillance de ce qui se passe sur le terrain" a assuré John Dalli. "J'ai eu des occasions de parler avec beaucoup de pays de manière bilatérale (des projets de la Commission sur les OGM) et mon sentiment est que c'est la bonne direction à prendre", a-t-il souligné.
Pour ou contre les OGM ?
Les Etats européens sont actuellement divisés et cette division provoque une paralysie qui affecte les importations de produits destinés à l'alimentation animale dans l'Union européenne.
Si une quantité infiniment petite d'OGM non autorisés dans l'Union européenne est détectée dans une cargaison de soja destinée à l'alimentation animale, la cargaison entière est bloquée aux frontières.
Sur ce point, "nous ferons après l'été une proposition qui donnera une approche plus pragmatique sur la présence à faible dose d'OGM non autorisés dans les produits d'alimentation animale" a annoncé John Dalli. La Commission européenne envisage ainsi d'autoriser des "niveaux acceptables" d'OGM non autorisés, a-t-il précisé.