Un avis de tempête tropicale pour les Bahamas et une partie de la Floride (Etats-Unis) a été émis jeudi après-midi par le centre national des ouragans américain.
Cette tempête, qui pourrait freiner ou arrêter les opérations destinées à stopper définitivement le puits responsable de la marée noire dans le golfe, pourrait se former dans les 36 heures suivant sa publication, a précisé le centre.
Pour la Floride, le centre précise que l'avis de tempête est valable pour une partie de la côte est mais aussi l'archipel des Keys au sud et une partie de la côte ouest baignée par les eaux du golfe. Mercredi, des vagues d'un à deux mètres de haut et des pluies battantes freinaient les opérations .
Que feront les autorités si l'évolution de la dépression se confirme ?
Elles pourraient décider de faire évacuer les bateaux et ingénieurs, qui s'activent dans le golfe du Mexique pour mettre en oeuvre des solutions qu'ils espèrent définitives : le forage de deux puits de secours et la conception d'une nouvelle opération baptisée "Static kill".
Cette dernière consiste à injecter un mélange de liquide et de matières solides dans le puits avant de le sceller avec du ciment. "Si nous devions évacuer la zone (...) nous pourrions connaître un retard de 10 à 14 jours dans l'avancement des opérations" a souligné Thad Allen, responsable de la lutte contre la marée noire pour l'administration américaine.
Ne pas mettre la charrue avant les boeufs
L'arrivée d'une tempête tropicale ou d'un ouragan serait d'autant plus difficile à gérer que BP assure être prêt à procéder à l'opération "Static kill" dès ce week-end.
Mais Thad Allen a souligné que BP devait auparavant terminer le coffrage du puits de dérivation avant de se voir donner l'autorisation pour cette action.
Des tests se poursuivent
Pour l'heure, BP poursuit les tests sur un entonnoir posé au-dessus du puits la semaine dernière. La pose de cet entonnoir a permis d'arrêter l'écoulement quotidien de millions de litres de brut.
Les 750 navires déployés dans le golfe du Mexique pour récupérer en surface le pétrole sont désormais "bien en peine" de trouver du brut à collecter, a indiqué Thad Allen. "Dans certains cas", les bateaux "doivent vraiment chercher le pétrole".
Quelques chiffres
Selon les autorités américaines, près de 43 millions de litres de pétrole ont été brûlés volontairement depuis le début de la marée noire en avril. 130 millions de litres d'un mélange d'eau et de pétrole ont également été récupérés depuis le naufrage le 22 avril de la plateforme Deepwater Horizon.
Si des enseignements de cette catastrophe écologique sans précédent aux Etats-Unis pouvaient être tirés
Les américains ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips et l'anglo-néerlandais Shell vont consacrer collectivement un milliard de dollars à la préparation d'un système de réponse commun aux futures éventuelles marées noires.
La Chambre des représentants a adopté un projet de loi pour améliorer les technologies de nettoyage après une marée noire et un autre pour optimiser les techniques de forage pétrolier pour une meilleure sécurité. Pour en savoir plus cliquez ici
Les employés craignaient pour la sécurité
Les employés de BP qui travaillaient sur la plateforme Deepwater Horizon s'étaient inquiétés des conditions de sécurité à bord dans une enquête menée avant la catastrophe, indique le New York Times jeudi.
Certains employés se plaignaient du manque de fiabilité de la plateforme qu'ils appréhendaient comme la "conséquence de la nécessité de forer plutôt que de s'assurer de la bonne maintenance" des équipements, selon l'enquête.
L'étude a été conduite par deux enquêteurs de Lloyd's Register Group qui se sont rendus sur la plateforme du 12 au 16 mars pour interroger au moins 40 travailleurs.