La réouverture d'une usine de pâte à papier au bord du lac Baïkal, en Sibérie, constitue un grand danger de pollution pour ce site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, dénoncent des ONG russes qui organisent une manifestation samedi dans cette région. "C'est très dangereux parce qu'on veut revenir à la production de cellulose blanche avec du chlore", un gaz toxique, a déclaré un représentant de l'antenne russe du Fonds mondial pour la nature (WWF), Evgueni Schwartz. La réouverture de l'usine de Baïkalsk, fermée en octobre 2008, a été autorisée en janvier par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, à la suite du lobbying effectué par l'oligarque Oleg Deripaska, dont le groupe détient 50% du capital, a-t-il expliqué. Pour obtenir l'autorisation de rouvrir cette usine construite en pleine guerre froide en 1966, M. Deripaska a insisté sur l'importance de l'emploi dans cette ville mono-industrielle de quelque 15.000 habitants créée de toute pièce autour de ce site, "des arguments auxquels M. Poutine est sensible", a observé M. Schwartz.
Usine sur le Lac Baïkal
Environ 20% des réserves d'eau douce de la planète
Cette usine de production de cellulose et de pâte à papier devrait à nouveau fonctionner à plein régime en mars, a déploré pour sa part Marina Rikhvanova, présidente de l'association Vague écologique du Baïkal. Pour protester contre la reprise de ces activités controversées et les dangers de pollution du lac Baïkal, un immense lac qui contient environ 20% des réserves d'eau douce de la planète, plusieurs ONG, notamment WWF et Greenpeace, ont appelé à une grande manifestation samedi à Irkoutsk, capitale de cette région de Sibérie orientale. Fin janvier, un responsable du combinat avait indiqué que le système fermé de circulation des eaux usées de l'usine, construit pour éviter la pollution du lac --dont le coût élevé avait entraîné la fermeture du site en 2008-- n'avait pas été remis en service. Les ONG estiment que la réouverture de cette usine est non seulement néfaste pour les habitants de la région mais également un obstacle au développement de projets d'activités alternatives, notamment touristiques et écologiques.