 | Le projet de construction par GDF Suez d'une centrale nucléaire dans le Rhône, évoqué mercredi par la presse mais non confirmé, est une nouvelle illustration des débats qui agitent la filière nucléaire française en voie de réorganisation. Il survient à quelques semaines de la remise de l'étude sur l'avenir de l'atome dans l'Hexagone de l'ex-PDG d'EDF, François Roussely, nommé par Nicolas Sarkozy.
Selon le journal « Les Echos », le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet a écrit au ministre de l'Ecologie et de l'énergie Jean-Louis Borloo pour lui faire part de la volonté de son groupe de construire une centrale dotée d'un réacteur nucléaire Atmea, d'une puissance moins élevée que l'EPR, dans la vallée du Rhône.  « GDF-Suez a évidemment sa place dans le dispositif nucléaire français mais il n'y a, à cette heure, aucune décision prévue pour une nouvelle centrale ou un nouvel EPR français", a réagi M. Borloo. Un enjeu de taille.Le nucléaire constitue pour GDF-Suez un des axes de développement privilégié du groupe, qui entend exploiter 3 à 4 réacteurs nucléaires de 3e génération dans le monde d'ici à 2020. En 2009, il avait essuyé un revers quand l'Etat lui avait préféré EDF pour la construction du deuxième EPR français, à Penly (Seine-Maritime). En fin d'année, l'échec du consortium français dans l'appel d'offres à 20 milliards de dollars à Abou Dhabi, dont il avait été chef de file avant de céder cette place à EDF à la demande du client, avait porté un autre coup aux ambitions de GDF Suez. En militant, selon les Echos, pour la construction d'une centrale avec un réacteur Atmea, développé par Areva et le japonais Mitsubishi, GDF Suez rebondit directement sur les polémiques nées après l'échec de l'EPR à Abou Dhabi. La guerre des grands Plus généralement, M. Mestrallet prend position dans le débat sur la réorganisation de la filière nucléaire française. Et face au nouveau PDG d'EDF, Henri Proglio, qui martèle depuis sa prise de fonction à l'automne dernier qu'il veut faire de l'électricien le chef de file du nucléaire français, M. Mestrallet se prononce, lui, pour des partenariats bilatéraux entre Areva et des électriciens français ou étrangers. Une association entre Areva et GDF Suez ferait du groupe énergétique le premier client de l'Atmea. Fin janvier, évoquant un projet de partenariat entre les deux groupes, M. Mestrallet avait déjà déclaré que celui-ci concernait notamment le développement de l'Atmea. |  |