Les biocarburants sont-ils perçus comme une solution contre le réchauffement climatique ou risquent-ils de l'aggraver en encourageant la déforestation ? Les détracteurs des biocarburants affirment qu'ils contribuent à émettre d'importantes émissions de CO2.
"Sans changement de comptabilité, l'utilisation des biocarburants aggravera notre problème de gaz à effet de serre plutôt qu'il nous aidera à le résoudre" prédit Jerry Melillo, du Marine Biological Laboratory, un organisme privé de recherche à but non-lucratif.
L'impact des biocarburants n'est pas pris en compte par les principales lois climatiques
Dans les grands pays, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant des changements d'utilisation des terres de cultures liées aux programmes de production de biocarburants destinés à réduire l'empreinte carbonique des énergies fossiles, ne sont pas prises en compte.
Le protocole de Kyoto, le système de marché de droits d'émissions carboniques de l'Union européenne et le projet de loi sur le climat adopté cet été par la Chambre américaine des représentants exemptent les émissions de CO2 provenant de la production de biocarburants, quelle que soit l'origine de la biomasse, expliquent-ils. Cette exemption permet la production de biocarburants, même après une déforestation pour planter du soja, de la canne à sucre ou des palmiers à huile.
Un modèle informatique montre que "les différents modes d'utilisation des terres dans le cadre de programmes intensifs pour produire des biocarburants peuvent aboutir à d'importantes émissions polluantes.
Deux hypothèses ont été retenues pour ce modèle
La première consiste à convertir des zones naturelles, y compris des forêts, pour répondre à la demande croissante de biocarburants, tandis que la seconde privilégie une utilisation plus intensive des terres déjà cultivées.
Dans une telle approche, l'utilisation des carburants fossiles va devenir de plus en plus coûteuse et le recours aux biocarburants va s'accélérer.
La production des biocarburants sur le point de s'étendre ?
Le modèle prédit que les surfaces consacrées à la production de biocarburants vont devenir plus étendues que les terres de cultures d'ici la fin du 21e siècle, entraînant d'importantes émissions de CO2 selon la biomasse utilisée.
"Le potentiel des biocarburants pour réduire les émissions de CO2 dépend de la source de la biomasse et des effets de celle-ci sur l'utilisation des terres" expliquent ces chercheurs.