Le plan climat-énergie européen est crucial pour la planète, dont l'avenir continue de se jouer à Bruxelles. Tous les regards seront tournés vers l'Union européenne qui doit trouver un compromis et ne pas abandonner au moment où la lutte contre le réchauffement climatique devient une des priorités des Etats-Unis. Dès le début, l'Union européenne a voulu faire de ce projet... un modèle pour le reste du monde. "Ce sera la première fois qu'un continent s'engage sur des objectifs et sur les moyens d'y parvenir. De tout coeur je souhaite que cela fonctionne. Un échec à Bruxelles serait dramatique à Poznan" a souligné Jean-Louis Borloo, ministre français du Développement durable.
Mettre cet engagement en pratique
Les Européens se sont engagés sur un triple objectif pour 2020 : réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d'économies d'énergie. Et Jean-Louis Borloo peut être inquiet car le plan climat-énergie n'est pas du goût de tous les pays de l'Union européenne : "Cet ensemble de directives peut avoir des opposants et susciter des inquiétudes. Mais tous les éléments sont sur la table, tous les points problématiques ont été abordés". Maintenant la difficulté est de mettre cet engagement en pratique.
Le plan prévoit aujourd'hui des dérogations
Le plan prévoit notamment de faire payer aux industriels chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013 afin de financer la transition vers une économie propre et d'atteindre une réduction de 20% des émissions européennes de gaz à effet de serre d'ici 2020. Et c'est là que le bât blesse. De nombreux pays notamment d'Europe centrale dépendent du charbon pour la production de leur électricité. Afin de rallier ces pays réticents, le plan prévoit aujourd'hui des dérogations (gratuité pour 50% des émissions de CO2 jusqu'en 2016).
"C'est ici, à Poznan, qu'on pleurera"
Ce sommet concernant le plan climat-énergie se tient les 11 et 12 décembre à Bruxelles alors que la Conférence de Poznan doit se terminer le 12 décembre. Le carambolage de ce calendrier est-il une bonne chose ? Jean-Louis Borloo répond : "Il aurait fallu six mois de décalage pour tirer les conséquences et de l'installation de la nouvelle administration américaine, et du paquet climat-énergie à Bruxelles. Si la réunion de Poznan avait eu lieu dans six mois, on aurait pu accélérer mais dans les circonstances, ce n'est pas possible. Mais si le paquet climat-énergie n'est pas adopté, c'est ici, à Poznan, qu'on pleurera".