La fissure dans le réservoir de boue toxique, qui a rompu le 4 octobre, ne s'est pas agrandie et les risques d'une deuxième inondation meurtrière ont diminué, a déclaré dimanche (10 octobre) le chef des Services de lutte contre les catastrophes, Tibor Dobson.
Les habitants s'interrogent aussi sur la toxicité des boues sur leur santé. D'ailleurs depuis ce week-end, le port de masques et fr lunettes est conseillé. Enfin des experts sont arrivés sur place pour vérifier l'impact sur l'environnement... Le point sur cette catastrophe.
Une deuxième fuite écartée, une digue en construction
"La fissure sur le côté nord du réservoir s'est stabilisée, les réparations sont en cours et nous n'avons pas décelé de nouvelles fissures" a précisé Tibor Dobson. La fissure, qui fait un demi-mètre de large, s'étire sur au moins 25 mètres.
Il a aussi souligné qu'une nouvelle digue était en construction à Kolontar, un village situé en Hongrie occidentale. Les fondations ont été réalisées samedi et dimanche.
Des dizaines d'ouvriers ont travaillé à l'élargissement et à la surélévation de cette digue dont les travaux devraient prendre fin lundi soir, a-t-il précisé en indiquant que le beau temps favorisait les travaux.
"La digue ne sera pas de 400-500 mètres de longueur, contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, mais d'environ 1.500 mètres" a ajouté M. Dobson, précisant que 1.050 mètres avaient déjà été construits. Le barrage fera 30 mètres de large à sa base et 4 mètres de haut.
Masques et lunettes de protection obligatoire
Les experts, ouvriers et volontaires, qui participent aux travaux de reconstruction, déblaiement et nettoyage, doivent depuis dimanche porter des masques et des lunettes de protection : "Selon nos dernières mesures, le degré de poussière dans l'air dépasse le niveau sanitaire, pour cette raison, le port de masque-filtre et de lunettes de protection est devenu obligatoire" a annoncé l'ANTSZ, le Service national de Santé.
"La boue rouge, en séchant, peut être inhalée et peut irriter les muqueuses. Ses effets irritants peuvent endommager l'épiderme ainsi que les yeux". L'ANTSZ demande aussi de porter des bottes et des gants de caoutchouc, des vêtements fermés et de laver à l'eau propre les parties du corps exposées.
Pour éviter une nouvelle tragédie humaine, les 800 habitants du village de Kolontar avaient été évacués samedi, tandis que la petite ville voisine de Devecser (5.400 habitants) s'est aussi préparée à une éventuelle évacuation.
En dépit des mises en garde des autorités, 24 personnes sont cependant restées à Kolontar. Les évacués, qui n'ont pas trouvé de refuge chez de la famille ou des amis ont passé la nuit dans un gymnase et des salles communes à Ajka.
Les eaux moins polluées
Dimanche matin, les résultats des analyses d'échantillons d'eau prélevés dans le Danube par le Service des Eaux révélaient une légère diminution de la pollution : sur une échelle allant de 1 à 14, la normale étant à 8, le taux PH (taux alcalin et d'acidité) était de 8,19 dans la rivière Marcal, de 8,2 dans la Raab, un affluent direct du Danube, et de 7,54 dans le 2e plus grand fleuve d'Europe, après la Volga.
Des experts en dépollution sur place
Cinq experts en dépollution envoyés par l'Union européenne à la demande de la Hongrie seront lundi (11 octobre) à pied d'œuvre pour examiner l'impact environnemental sur les sites touchés, a annoncé dimanche la Commission européenne.
Ils devront vérifier l'impact sur l'environnement, en particulier la terre agricole et l'eau, y compris en sous-sol, ainsi que sur la flore et la faune, a-t-elle expliqué.
Il leur faudra aussi donner leur avis d'expert sur les meilleures méthodes à mettre en oeuvre pour prévenir et réduire les effets négatifs de la catastrophe sur l'environnement, et décontaminer puis réhabiliter les zones habitées et agricoles, dans le village de Kolontar et autour.
Le 4 octobre, une marée de bouge rouge toxique issue du réservoir fissuré de l'usine de bauxite aluminium d'Ajka s'était déversée comme un raz-de-marée sur 40 km2, détruisant l'écosystème des rivières Torna et Marcal et atteignant, sous une forme diluée, la Raab, puis le Danube lui-même. Selon les dernières évaluations des experts, 600.000 à 700.000 m3 de boue toxique se sont répandus. Et la cause de cette catastrophe écologique reste encore à établir.
Une coulée de boue toxique qui a fait huit morts
Le bilan de l'accident chimique est passé à huit morts, a annoncé lundi le chef des services de secours, Tibor Dobson. 150 personnes ont été blessées.