Un an après l'échec du sommet de Copenhague (Danemark), Cancun au Mexique accueille jusqu'au 10 décembre la conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique. Des négociateurs vont tenter de redonner souffle et crédibilité aux négociations sur le changement climatique.
"Le changement climatique est déjà une réalité pour nous" a déclaré le président mexicain Felipe Calderon. Les pluies intenses et les ouragans n'ont pas épargné son pays cette année, après une grande sécheresse en 2009.
Ces négociateurs seront rejoints à partir du 7 décembre par les ministres de l'Environnement et/ou de l'Energie de leur pays.
Des négociations de la dernière chance ?
La conférence de Copenhague s'est soldée par un accord conclu rapidement par une vingtaine de chefs d'Etat, qui a fixé comme objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés, sans calendrier et en restant évasif sur les moyens d'y parvenir.
"L'urgence augmente chaque jour"
"La leçon la plus importante peut-être de Copenhague, c'est qu'il n'y a pas d'accord miraculeux qui va résoudre le problème du changement climatique" a déclaré la responsable climat de l'Onu, Christiana Figueres "Tout simplement, ça n'existe pas. (...) Aller pas à pas, construire un accord après l'autre" a-t-elle insisté. Néanmoins, si "la planète est généreuse, nous ne pouvons pas lui demander d'attendre plus longtemps" a-t-elle ajouté. "L'urgence augmente chaque jour" a-t-elle souligné.
A Cancun, il n'est plus question de chercher à obtenir un accord global et contraignant pour la période post-2012 (fin de la première période d'engagement du Protocole de Kyoto qui fixe des contraintes chiffrées en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux pays industrialisés sauf les Etats-Unis).
Les ambitions sont bien plus modestes : un "jeu de décisions équilibré" qui servirait de "fondation" à d'autres accords, selon la responsable climat de l'ONU Christiana Figueres
Pour beaucoup, ces négociations sont perçues comme celles de la dernière chance pour restaurer la confiance envers le long et complexe processus lancé par l'ONU, il y a 18 ans, pour trouver une réponse au défi du changement climatique. Des avancées sont toutefois présentées comme possibles sur des dossiers tels que la lutte contre la déforestation ou la création d'un Fonds vert.
Pour Yvo de Boer, le consensus est difficile à atteindre quand "vous avez autour de la table 192 pays aux besoins très différents : producteurs de pétrole, petits Etats insulaires sur le point de disparaître, grands pays industrialisés qui veulent sauvegarder leurs avantages économiques, émergents qui veulent la croissance et éradiquer la pauvreté".
Les Etats-Unis et la Chine, principaux émetteurs de CO2 de la planète, ont quitté la dernière réunion préparatoire de Tianjin (nord-est de la Chine), en octobre, en s'accusant mutuellement de bloquer les négociations.
Pour Yvo de Boer, l'Onu reste le meilleur cadre possible. Elle permet d'offrir aux pays du Sud qui "seront les premiers à subir les impacts" du changement climatique de "pouvoir au moins un peu parler des moyens de s'y adapter".
A Copenhague, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser pour eux 30 milliards de dollars de 2010 à 2013, et 100 milliards par an d'ici à 2020.