Le texte, approuvé samedi à Cancun (Mexique) par les pays membres de la convention de l'Onu sur le climat, a permis d'adopter samedi une série de mécanismes pour enrayer le changement climatique et aider les plus pauvres à s'y adapter. Voici les principaux points :
Le texte reconnaît qu'il faut "des réductions importantes" des émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse de la température globale à 2° par rapport aux niveaux préindustriels. Pour atteindre les objectifs préconisés par la science, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 25 à 40 % d'ici à 2020, par rapport à 1990.
Ce point est inscrit dans le texte consacré au protocole de Kyoto et n'implique pas les Etats-Unis, qui ne l'ont pas ratifié. Il est nécessaire d'"intensifier les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour arriver à l'objectif affiché".
Le texte prévoit de revoir "périodiquement" les objectifs à long terme (limite de 2°C) en fonction des connaissances scientifiques, notamment des rapports du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec), de l'observation des impacts du changement climatique et la possibilité de renforcer cet objectif à 1,5°C. La première révision démarrera en 2013 et devra être achevée en 2015
Les travaux doivent se poursuivre pour "s'assurer qu'il n'y aura pas de délai entre la première période d'engagement" qui s'achève fin 2012, et la deuxième.
Le texte, qui ne dit néanmoins pas clairement qu'il y aura une prolongation après 2012, ne demande pas aux pays industrialisés d'inscrire leurs objectifs chiffrés de réduction d'émissions pour une seconde période. Pour en savoir plus sur le Protocole de Kyoto, cliquez ici
Le contrôle des actions prises par les pays en développement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre
Ces pays, et notamment les grands émergents, "en fonction de leurs capacités" notamment, soumettront des rapports tous les deux ans avec leurs inventaires de gaz à effet de serre, et des informations sur les actions entreprises pour les réduire. Ces rapports seront soumis à des consultations et analyse internationales, "non intrusives", "non punitives", et "dans le respect de la souveraineté nationale".
L'aide aux pays en développement
Pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques et la déforestation, un Fonds vert climat a été créé.
Il permettra de "soutenir des projets, programmes, politiques dans ces pays".
Les pays développés ont promis à Copenhague de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, mais l'origine de ces fonds n'a pas encore été identifiée.
Un Centre de technologie pour le climat (ensemble d'experts chargés de faire des propositions) et d'un réseau (qui sera au plus près des projets sur le terrain) va être créé pour développer le savoir-faire sur les nouvelles technologies vertes dans les pays du Sud pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux impacts inévitables du changement climatique.
Réduire la déforestation
Le texte veut "ralentir, arrêter et inverser la perte du couvert forestier", à l'origine d'environ de 15 % à 20 % des émissions globales de gaz à effet de serre.
Il prévoit "la participation" des parties impliquées dans la gestion de la forêt, dont les populations autochtones, mais les mécanismes de contrôle sont plutôt faibles.
Le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) doit amener les pays qui abritent de précieuses forêts tropicales, comme le Brésil, l'Indonésie ou les pays du bassin du Congo, à éviter de les couper ou à les gérer de manière durable, en leur versant des compensations financières.
Bon à savoir :
La coupe d'un espace boisé génère jusqu'à environ 20 % des émissions globales de gaz à effet de serre. Treize millions d'hectares de forêt disparaissent chaque année dans le monde.
Des questions épineuses et cruciales encore à régler
Le financement... Pour l'heure, il n'est surtout question que de préparer le terrain dans ces pays : photos satellites des forêts, adoption de lois... Mais, à terme, ce mécanisme coûtera des dizaines de milliards par an. L'option du marché du carbone n'est pas exclue. Une option à laquelle s'oppose catégoriquement Greenpeace qui explique qu'un investissement dans un projet REDD+ se ferait au détriment d'un autre projet.
La protection des populations autochtones qui vivent dans et de la forêt... Au nom de la conservation de la forêt, on pourrait leur imposer des choix contraires à leurs intérêts vitaux: monoculture dans le cadre du reboisement, ou encore leur interdire la chasse dans des zones protégées.
Un autre point sensible : comment éviter, si on promeut des projets REDD+ et non une logique nationale, "de ne faire que déplacer le problème à la région voisine"? demande Jérôme Frignet.
Les réactions controversés en cliquant ici
Le prochain sommet aura lieu à Durban (Afrique du Sud) en 2011. Ce continent est l'un des plus exposés aux effets du réchauffement.