Les ministres de 190 pays présents à la conférence de l'ONU sur le climat de Cancun (Mexique) vont plancher sur plusieurs points importants qui sont :
Le protocole de Kyoto
Les pays en développement insistent pour que les pays riches signent une seconde période d'engagement du Protocole, la première se terminant fin 2012.
Ils insistent pour garder le seul instrument légal qui impose des contraintes chiffrées en matière d'émissions de gaz à effet de serre aux pays industrialisés (sauf les Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié).
Le Japon s'est déclaré catégoriquement opposé à une seconde période dès l'ouverture de la conférence. Le Canada et la Russie y sont réticents, voire franchement hostiles. L'Union européenne se dit prête à "envisager" une telle option, sous certaines conditions.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation
Cancun pourrait rendre opérationnel le mécanisme REDD+ qui consiste à verser des compensations financières aux pays, qui réduisent la déforestation ou la dégradation de leurs forêts. Un accord-cadre était quasiment prêt à Copenhague. Plusieurs points délicats restent sur la table des négociations, comme celui d'une mention explicite du marché du carbone comme outil de financement.
Le fond vert
A Copenhague, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 pour les pays plus pauvres. Une "partie significative" de ces sommes devrait transiter par ce nouveau Fonds climat.
Les pays du sud veulent qu'il soit le plus possible rattaché à l'Onu, pour y être équitablement représentés. Les Etats-Unis veulent lui donner plus d'indépendance, voire le lier à la Banque mondiale.
Le groupe consultatif de l'ONU préconise des "financements alternatifs", comme des taxes sur les transports et les transactions financières.
Mais encore ! Il faut ancrer les engagements sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre
Conformément à l'accord de Copenhague, les pays industrialisés et en développement ont soumis début 2010 à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques leurs objectifs (pour les premiers), et actions (les seconds) pour 2020 en termes d'émissions de gaz à effet de serre.
Ces promesses n'ont pas de caractère contraignant : il devrait être question à Cancun de trouver une formule juridique pour les "ancrer" un peu plus sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Elles restent trop faibles pour atteindre l'objectif de limiter à 2° la hausse de la température moyenne du globe.
...Et les vérifier
Le contrôle des efforts réalisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est l'un des sujets épineux des négociations. La Chine, qui est le premier émetteur mondial, est particulièrement réticente à un regard extérieur sur ses plans climats, un point sur lequel insiste l'autre grand pollueur, les Etats-Unis.
L'accord de Copenhague prévoit que les actions menées par les pays en développement soient soumises à des "consultations et analyses internationales". Cancun pourrait en préciser les modalités.
Depuis une semaine, les équipes de négociateurs ont tenté de progresser sur toute une gamme de sujets censés composer "un paquet équilibré" de décisions (lutte contre la déforestation, création du Fonds climat, ou encore contrôle des actions promises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre).