A Bonn (Allemagne), les délégués des 175 pays n'ont pas encore trouvé un accord sur la façon de traduire les engagements politiques pris à Copenhague pour limiter le réchauffement climatique mais ont péniblement esquissé dimanche (11 avril) un calendrier de travail.
"Si nous assistons à un autre échec à Cancun, cela entraînera une grave perte de confiance sur l'efficacité de ce processus" a prévenu Yvo de Boer, plus haut responsable de l'ONU chargé du climat. "Nous ne devons pas chercher à avoir des réponses à toutes les questions à Cancun" a-t-il lancé. Selon lui, il faudra probablement attendre le rendez-vous suivant, en Afrique du Sud fin 2011, pour aboutir à un traité légalement contraignant.
Des réunions, encore des réunions, toujours des réunions
Deux nouvelles réunions se tiendront cette année pour tenter de relancer les négociations sur les changements climatiques, après l'accord a minima, non contraignant, trouvé à Copenhague en décembre dernier.
Les 17 principales économies de la planète, qui représentent 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont rendez-vous les 18 et 19 avril à Washington.
Quant à la Bolivie, très opposée à l'accord de Copenhague, elle accueillera la "Conférence mondiale des peuples" sur le changement climatique, à Cochabamba (centre). Notons aussi que l'Allemagne a convié une cinquantaine de ministres de l'Environnement début mai, sur le Petersberg. Mais ces réunions supplémentaires pourront-elles contribuer à préparer la prochaine réunion des ministres de l'Environnement à Cancun
Que dit l'accord de Copenhague ?
Nous vous rappelons que l'accord de Copenhague fixe comme objectif de limiter la hausse de la température de la planète à deux degrés mais reste très évasif sur les moyens d'un parvenir.
Il prévoit aussi un financement pour les plus vulnérables à court terme (30 milliards de dollars entre 2010 et 2012) et moyen terme (100 milliards par an d'ici 2020). Le statut hybride de ce document n'a pas été adopté.
Les délégués ont demandé à la présidente du principal groupe de travail, Margaret Mukahanana-Sangarwe (Zimbabwe) de rédiger un texte qui pourrait servir de base aux éventuelles décisions à Cancun.
Les obstacles encore nombreux
Ces trois journées de négociation ont encore mis en lumière les obstacles qui s'annoncent nombreux avant la réunion de Cancun (Mexique) du 29 novembre au 10 décembre.
"Les négociations restent très tendues, il y a beaucoup de méfiance" a reconnu Paul Watkinson, responsable de la délégation française, regrettant de nombreux blocages. "Certains délégués ne semblent pas avoir intégré ce qui s'est passé à Copenhague et la nécessité d'avoir rapidement des résultats concrets". "Ce n'est pas un désastre mais cela n'inspire pas beaucoup de confiance pour la suite" résumait Alden Meyer, rappelant la nécessité de progresser sur le fond : la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les engagements chiffrés à ce jour sur table restent insuffisants pour s'inscrire dans une trajectoire de division par deux des émissions mondiales d'ici 2050, et ainsi espérer rester sous la barre des deux degrés de hausse de la température moyenne de la planète.