Les résultats dans les négociations internationales sur le climat se font toujours attendre et l'Union européenne redoute désormais un échec alors que le sommet de Copenhague se profile à l'horizon.
"On est à des kilomètres de Copenhague"
"Tout le monde est déçu du rythme des négociations, même si personnellement je ne m'attendais pas à plus" a déclaré Artur Runge-Metzger, chef de l'Unité Climat de la Commission européenne. Il n'y a pas encore de compromis (...) On est encore à des kilomètres de Copenhague et il reste moins de 60 jours de négociations" a-t-il souligné.
"Chacun est retourné dans sa tranchée"
Le négociateur européen a fait état de "mouvements", de "déclarations d'intentions", mais aussi "d'obstructions" au cours des deux semaines de négociations à Bangkok. Chacun est retourné dans sa tranchée et n'en sortira qu'à Copenhague" a-t-il commenté.
Artur Runge-Metzger ne veut pas encore se prononcer sur l'issue de Copenhague. "On ne fait jamais d'accord avant le dernier jour (...) Les négociations dureront jusqu'au 18 décembre, mais attention, parce que le 18, ça ferme".
"Nous sommes dans une impasse"
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a de son côté déclaré : "A ce stade des négociations, nous sommes dangereusement proches d'une impasse. La voie devant nous est difficile, et nous ne devons pas nous laisser distraire par des discussions sur un Plan B, sinon nous finirons par un Plan E pour échec car comme l'a dit récemment une ONG, il n'existe pas de Plan B, car nous n'avons pas de Planète B".
Une dernière réunion à Barcelone ?
Une ultime session de négociations entre les délégués des 180 pays participants est prévue du 2 au 7 novembre à Barcelone, "mais ce ne sera pas le bon moment pour les compromis" estime M. Runge-Metzger.
L'idée d'un sommet des chefs d'Etat se profile pour le 14 novembre.
Quoi qu'il en soit tous les détails techniques ne seront pas arrêtés à Copenhague" a souligné le négociateur européen. "Le nouvel accord n'entrera en vigueur qu'en 2013 (terme du protocole de Kyoto), mais il faut que les règles du jeu soient connues avant, pour donner une prévisibilité aux entreprises" a-t-il insisté.
Les Européens, les bons élèves pour le climat
Ils sont les seuls à avoir pris un engagement contraignant : réduire en 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990.
De 35 milliards de tonnes en 1990, les émissions de gaz à effet de serre sont passée à 40 milliards de tonnes actuellement.
2°C est la limitation du réchauffement
"Il y a beaucoup de promesses, mais elles sont toutes conditionnelles. Elles dépendent des mesures prises par les autres" a insisté le négociateur.
Additionnés, les engagements des pays industrialisés représentent une réduction d'environ 17 % de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, très loin de l'objectif de 25 à 40 % réclamé par les spécialistes pour limiter le réchauffement du climat à 2°C.