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18 janvier 2010 -
13h12 :
Climat : les ministres dressent un bilan
[ ENVIRONNEMENT - CLIMAT ]

A Séville (Espagne), des ministres européens de l'Environnement se sont réunis et ont dressé un premier bilan un mois après l'accord à minima obtenu lors du sommet de Copenhague. Toute l'info sur le sommet en cliquant ici
Des gouvernements sont toujours divisés sur l'opportunité d'accroître leur offre de réduction d'émissions à l'horizon 2020. Le diagnostic est donc préoccupant et ce sujet sera l'une des deux grandes priorités du prochain sommet des dirigeants européens le 11 février, pour tenter de resserrer les rangs.

Emissions de gaz à effet de serre30 % mais il y a des conditions !

Pour arracher notamment un accord ambitieux mais aussi contraignant fin 2010 au Mexique, plusieurs nations veulent maintenir la proposition de l'Union européenne qui est de porter son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 de 20 % à 30 %, à condition que les autres grands pays industrialisés fassent des efforts comparables.
Jean-Louis Borloo a en effet déclaré : "pas question de faire exploser l'Europe pour ça » (...) Il n'est pas question d'aller à 30 % à l'aveugle. Personne n'accepterait cela".

Des pays disent non aux 30 %

D'autres nations (comme la Pologne ou l'Italie) veulent que l'Union européenne abandonne son offre de porter cet effort à 30 % car ils jugent qu'elle en a déjà beaucoup fait en s'imposant de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020. Cette décision a été prise en décembre 2008 lors de l'adoption de son plan d'action pour lutter contre le réchauffement du climat.

l'Union européenneTous les pays développés doivent soumettre leurs engagements de réduction pour le 31 janvier, conformément aux promesses faites à Copenhague. "L'Union européenne inscrira 20 %. Un débat aura lieu ensuite en mars » a dit le Belge Paul Magnette. "Il faut voir ce que vont présenter les autres pays industrialisés, notamment les Etats-Unis, et surtout s'ils vont présenter quelque chose" a souligné Jean-Louis Borloo.

"L'Union européenne doit retrouver un rôle de meneur" a lancé la secrétaire d'Etat espagnole chargée du Climat Teresa Ribeira. Selon Jean-Louis Borloo, l'urgence immédiate est la mise à disposition de l'aide financière promise à Copenhague pour aider les pays les plus pauvres à lutter contre le réchauffement dès cette année: "Si ça ne démarre pas, cela veut juste dire pas de solidarité mondiale et sans solidarité mondiale, vous pouvez faire toutes les réunions que vous voudrez derrière, il ne se passera plus jamais rien".
 
Stavros DimasLe Commissaire à l'Environnement sortant Stavros Dimas a rappelé que "la proposition initiale de la Commission était une réduction des émissions de l'Union européenne de 30 %, parce que cela serait bénéfique pour les entreprises et l'emploi avec le développement des technologies vertes".
Selon la Commission européenne, les offres annoncées par les autres pays développés ne permettent pas pour l'heure à l'Union européenne de porter son engagement à 30 %.

Drapeau des Etats-Unis d'AmériqueA propos des Etats-Unis !

Pour l'heure, les Etats-Unis sont partants pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre mais la réduction promise est jugée insuffisante par les Européens. Il faut noter que le vote d'une loi aux Etats-Unis est incertain dans un contexte d'élections législatives et de difficultés économiques. Le plus ardu sera de parvenir à un compromis sur la création d'un marché national d'émissions de gaz à effet de serre, dit "cap and trade", pénalisant le charbon et les hydrocarbures pour favoriser le développement des énergies propres, soulignent certains experts.

Une loi muclée sur le climat ?

L'émissaire américain sur le climat, Todd Stern, a récemment réaffirmé que "la Maison Blanche déploierait un effort important pour obtenir une loi musclée et étendue sur le climat", assurant que Barack Obama "comprenait bien l'importance d'un programme solide" pour combattre des émissions de gaz à effet de serre.

Si Barack Obama comprend l'importance de combattre les émissions polluantes, il n'en va pas de même pour certaines institutions ou entreprises : "Le Congrès, le gouvernement et les Etats doivent réaliser que notre faible économie ne supporterait pas toutes ces nouvelles taxes et réglementations envisagées (sur le climat) qui provoqueraient une nouvelle récession" a lancé le 12 janvier Tom Donohue, président de la Chambre américaine de commerce, la puissante fédération patronale


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