Les forêts, gardiennes du climat, risquent de ne plus pouvoir jouer leur rôle de « puits de carbone » et d'émettre à leur tour de grandes quantités de gaz carbonique dans l'atmosphère si la température moyenne augmente de 2,5 degrés, avertissent des scientifiques dans un rapport publié vendredi.
Or, selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), la température moyenne mondiale pourrait grimper de 1,1 à 6,4°C d'ici à 2100 par rapport à la fin du XXe siècle.
« On risque de perdre complètement les services actuels rendus par les forêts si le niveau actuel des émissions de CO2 ne diminue pas fortement », avertit Alexander Buck, directeur adjoint de l'Union internationale des organismes de recherche sur la forêt (IUFRO) dont le siège est en Autriche
Le document, auquel ont contribué 35 experts de différents pays, sera présenté à un forum des Nations unies sur les forêts à New York (20 avril - 1er mai).

Les forêts : quel rôle dans le réchauffement climatique ?
Certes, d'un côté, le réchauffement pourrait contribuer à accélérer la croissance des forêts boréales et à amplifier leur rôle dans l'absorption du CO2.
Mais Alexander Buck explique aussi « que ces effets positifs seront clairement dépassés par l'impact négatif sur les écosystèmes des forêts - changement d'espèces d'arbres, modification des taux de régénération, augmentation des feux de forêt et invasion d'insectes nuisibles ».
Alexander Buck fait aussi remarquer que jusqu'alors, les experts des négociations sur le climat, dans les discussions sur la forêt, se préoccupent essentiellement de la façon dont on pourrait réduire les émissions dues à la déforestation. C'est pourquoi il précise qu'« il est également important de garder à l'esprit que les forêts qui resteront seront affectées par le changement climatique d'une façon qui pourrait bien dépasser leur capacité d'adaptation ».