Le Washington Post révèle que le puissant groupe américain GCC (Global Climate Coalition), qui a assuré pendant des années qu'il n'y avait pas assez de preuves scientifiques d'un lien entre émissions de CO2 et réchauffement climatique, aurait sciemment menti, afin que les USA ne ratifient pas le Protocole de Kyoto.
Le GCC est un groupe qui représente les industries du pétrole, du charbon et de l'automobile. Selon le Washington Post, « en 1995, un résumé de la question rédigé par ses propres scientifiques (du GCC) concluait que «les bases scientifiques sur les gaz à effet de serre et l'impact potentiel des émissions d'origine humaine (...) comme le C02 sur le climat sont bien établies et ne peuvent pas être contestées» ». Le journal américain précise que ce passage aurait été effacé avant la publication du rapport.

L'ancien président du GCC dément cette hypothèse
William O'Keefe, qui a présidé le GCC jusqu'en 2002 (année de l'extinction du groupe), s'explique dans le Washington post.
Selon lui, on a « l'impression que les entreprises appartenant au GCC ont volontairement induit le public en erreur sur le rôle des hommes sur le climat (...). C'est de la fiction, (...) ce que nous disions à l'époque est qu'il y avait suffisamment d'incertitudes sur l'ampleur de l'influence humaine pour que le protocole de Kyoto ne se justifie pas ».
Cette affaire intervient alors que les USA se lancent dans la lutte contre le réchauffement climatique
Le Washington Post a également recueilli la réaction du sénateur démocrate John Kerry.
M. Kerry déclare que l'exemple de ce passage supprimé souligne « le besoin d'être prudent sur les analyses et les études émanant des industriels qui vont être publiées » dans les mois qui viennent, le Congrès des Etats-Unis devant débattre sur un projet de loi sur l'énergie et aussi sur le climat.