Concernant la conférence de l'ONU sur la biodiversité qui s'est tenue à Bonn du 16 au 30 mai, les avis sont assez partagés. Pour les hommes politiques, cette conférence a été un vrai succès. De leur côté, les ONG écologistes sont une nouvelle restées sur leur faim.
Le ministre allemand de l'environnement Sigmar Gabriel a avoué vendredi : "Il reste encore deux ou trois questions mineures à régler et je suis optimiste que nous allons les résoudre. Pour la première fois depuis quinze ans, une feuille de route sur la question de l'accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices découlant de leur utilisation a été établie".
Le ministre allemand a également indiqué que les participants à cette conférence s'étaient mis d'accord sur un programme de travail concernant les agrocarburants : "Il s'agit de définir les critères qui seront utilisés pour évaluer l'impact des agrocarburants sur la biodiversité. C'est un vrai progrès, c'est un succès".
Quelques heures avant la clôture de cette conférence, la chancelière Angela Merkel avait rappelé que l'Allemagne allait consacrer 500 millions d'euros dans les prochaines années afin de protéger les forêts vierges.
Le patron du programme de l'ONU pour l'environnement, Achim Steiner, s'est réjoui des progrès accomplis : "Nous avons donné un nouvel élan à la Convention. Cette conférence va permettre au grand public de se familiariser avec les problèmes de la biodiversité".
Martin Kaiser (Greenpeace international) a déclaré : "Cette conférence avance comme un escargot pendant que les animaux et les plantes disparaissent à grande vitesse. Si cela continue, l'objectif de réduire de façon significative la perte de biodiversité d'ici 2010 ne sera jamais atteint. Ce sommet a confirmé l'indifférence de la communauté internationale quand il s'agit de protéger les forêts, de protéger le climat et la biodiversité".

Même son de cloche pour Gordon Shepherd (Fonds mondial pour la nature) qui a dénoncé la lenteur du processus : "On a eu deux semaines de discussions et on a à peine bougé de là où on était il y a deux semaines".