La conférence de Poznan a dévoilé le calendrier des négociations internationales du futur accord contre le changement climatique qui doit être conclu en décembre 2009 à Copenhague. Les ONG ont dénoncé le manque de progrès enregistrés au cours des douze jours de la conférence sur le changement climatique qui a pris fin samedi à Poznan. "L'impasse est largement due à l'effondrement du leadership européen et à l'obstruction des autres pays industrialisés qui ont pris les négociations en otages. Nous regrettons une occasion manquée d'avancer vers le nouveau traité de Copenhague en 2009" a estimé le WWF". Voici les principales décisions prises à Poznan :
CALENDRIER DE TRAVAIL
Une réunion en mars 2009
Les pays signataires de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques se réuniront en mars 2009 autour d'un document de travail, synthèse des propositions émises sur les objectifs et les moyens de réduire l'effet de serre.
En juin, ils sortiront le texte de négociation exprimant une "vision partagée" par les pays industrialisés et les pays en développement, qui pourrait devenir le Protocole de Copenhague.
Les pays industrialisés signataires du Protocole de Kyoto, dont les premiers engagements arrivent à expiration en 2012, sont prêts à reprendre des objectifs de réduction de leurs émissions polluantes. Ils sont prêts à considérer une fourchette de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990. Les pays concernés devront remettre leurs engagements respectifs avant le printemps 2009.
Quatre sessions de négociations sont prévues pour 2009. Un sommet sur le climat, commandé par le secrétaire général de l'ONU Ban-Ki moon, pourrait aussi réunir les chefs d'Etats en septembre à New York et l'Union européenne a proposé une réunion ministérielle à l'automne, permettant une rencontre avec la nouvelle délégation américaine.
FINANCEMENTS
Ces sommes sont dérisoires
Un accord a été trouvé pour conférer à titre temporaire l'accès direct des pays en développement au Fonds d'adaptation, destiné à venir en aide aux pays les plus démunis. Mais ces sommes restent dérisoires et plus de 100 fois inférieures aux besoins estimés, provoquant une vive amertume de la part des pays en développement.
Le Fonds d'adaptation dispose à ce jour d'environ 50 millions de dollars provenant d'un prélèvement de 2% sur les Mécanismes de développement propre.
Selon les Nations unies, des dizaines de milliards de dollars seront nécessaires d'ici 2030 pour faire face aux conséquences du changement climatique. L'incapacité à trouver un accord pour augmenter les sources de financement a engendré une profonde frustration parmi les pays du Sud : "Symboliquement c'est un signal de non-coopération qui a été lancé et pèsera sur les esprits en 2009. La coopération nord-sud a reculé" a estimé un délégué européen. Ce Fonds d'adaptation doit aider les pays en développement à faire face aux inondations, à la sécheresse ou la montée du niveau des mers.
FORÊTS
Des efforts de lutte pris en compte
Les efforts de lutte contre la déforestation et la dégradation et en faveur du maintien des forêts et plantations seront désormais pris en compte. La conférence a donné son accord à des travaux de méthodologie, permettant d'établir des scénarios de référence afin de rendre ces efforts comparables et mesurables.