La Conférence sur le climat s'ouvre ce lundi 1er décembre à Poznan (Pologne)... C'est donc parti pour douze jours de pourparlers âpres ! L'enjeu est donc très important car cette conférence, avec en toile de fond la crise économique mondiale, doit d'abord jeter les bases d'un futur accord sur le climat auquel les 192 pays signataires de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques devront absolument aboutir en décembre 2009, à Copenhague. "Si on trébuche cette année, on n'aura aucune chance l'an prochain" prévient un diplomate le rendez-vous polonais.
Il y a donc urgence ! Outre l'accord succédant au Protocole de Kyoto qui prend fin en 2012, cette conférence doit aussi permettre aux Etats-Unis, qui ont rejeté le précédent accord les Etats-Unis et qui seront pour la dernière fois représentées par l'équipe Bush , et aux pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Mexique, d'entrer dans la danse.
Les pays industrialisés soumis aux contraintes
Toutes les nations logées à la même enseigne ! A ce jour, seuls les pays industrialisés qui ont ratifié le Protocole de Kyoto sont soumis à des contraintes de réduction de leurs émissions polluantes, allant sur la période 2008-2012. En revanche, les pays en développement en sont exempts. Mais il faut savoir que les émissions mondiales de gaz à effet de serre n'ont jamais été aussi élevées et les pays en développement ont une part de responsabilité puisqu'ils produisent aujourd'hui plus de la moitié des émissions mondiales et la Chine est devenue le premier pollueur mondial.
Je mets en garde contre la tentation de faire des choix sales et bon marché
"Atteindre un accord en un an alors que le monde entier est en proie à la pire crise financière depuis la Grande Dépression sera un défi incroyable. Le ralentissement économique apporte l'occasion d'une refonte de l'économie mondiale. Mais je mets aussi en garde contre la tentation de faire des choix sales et bon marché en investissant dans la construction de centrales électriques au charbon" souligne Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre de l'Onu sur les changements climatiques.
Obama veut lutter contre le réchauffement
Des doutes mais aussi des espoirs... Yvo de Boer se réjouit aussi que Barack Obama, qui prendra la présidence des Etats-Unis en janvier prochain, veut lutter contre le réchauffement climatique contrairement à George W. Bush dont l'administration trouvait injuste et pénalisant pour son pays, le Protocole de Kyoto. Barack Obama veut en effet ramener les émissions américaines de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990 d'ici 2020. Les émissions américaines sont aujourd'hui 14% plus élevées qu'en 1990.
Au cours des dernières décennies, l'industrialisation et les activités humaines ont joué un sale tour au climat. Et les sécheresses, les inondations, les migrations massives, les extinctions d'espèces ou encore la propagation de maladies se sont multipliées.
A vos agendas !
Une table-ronde des ministres de l'Environnement les 11 et 12 décembre permettra un échange de vue sur une "vision partagée" à long terme de la lutte contre le changement climatique.