L'autorisation de l'insecticide Cruiser a été renouvelée pour un an par le ministère de l'Agriculture. Ce renouvellement a provoqué la colère des apiculteurs et des associations de défense de l'environnement, qui réclament son retrait...
...Pour eux, cet insecticide serait en effet responsable de la mortalité des abeilles.
Le ministre de l'Agriculture a également annoncé que l'usage des "semences enrobées" (c'est le cas notamment des semences de maïs qui sont "enrobées" de Cruiser) serait désormais pris en compte à partir de 2011 dans le plan Ecophyto 2018. Ce programme vise à réduire l'utilisation de pesticides de 50% dans un délai de 10 ans (2018) "si possible".
L'autorisation du Cruiser "fait suite à l'avis favorable de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) du 15 octobre 2010" selon laquelle l'usage de cet insecticide sur le maïs "ne présente pas de risque pour l'environnement" explique le ministère. Le Cruiser est fabriqué par le groupe suisse Syngenta.
Les apiculteurs furieux
Pour les apiculteurs et les associations de défense de l'environnement, les pesticides sont en grande partie responsables de la surmortalité des abeilles.
Les professionnels se battent depuis des années pour le retrait des néocotinoïdes (Gaucho, Cruiser, Proteus...) du marché, utilisés en enrobage des semences ou en pulvérisation.
Le Parlement européen a également suggéré une révision de la réglementation sur les pesticides et les produits phytopharmaceutiques pour permettre une évaluation des risques liés à l'exposition des abeilles à ces substances.
L'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) s'est dite "scandalisée" quelques heures après le renouvellement de l'insecticide systémique Cruiser 350 qui a conduit à des cas avérés d'intoxication des abeilles.
Avec cette quatrième autorisation consécutive de ce produit utilisé en enrobage des semences de maïs, "le gouvernement a encore une fois privilégié les intérêts financiers de l'agrochimie au détriment des insectes pollinisateurs et de l'apiculture".
Le ministère de l'Agriculture a mis en place un plan de surveillance qui a fait apparaître des "cas avérés d'intoxication des abeilles au thiametoxam, la substance active du Cruiser" a souligné l'Union des apiculteurs. Pourtant l'Anses "comme d'habitude, a réfuté ce lien de causalité et invoque des causes multifactorielles".
L'organisation rappelle que ces produits phytopharmaceutiques ont été retirés du marché il y a trois ans en Italie et que "dans tous les pays du monde où se pratique l'agriculture intensive avec l'utilisation de ces insecticides, les apiculteurs déplorent des mortalités massives de leurs colonies d'abeilles."