Trois militants de Greenpeace se sont enchaînés mardi vers 8h00 à la voie ferrée qui mène du site nucléaire de Tricastin à la gare de Pierrelatte (Drôme) pour bloquer un convoi de déchets nucléaires destinés à la Russie.
Il devait quitter dans la journée l'usine Eurodif (Areva), a-t-on appris auprès de Greenpeace et d'Areva.
Les militants ont également démonté la voie ferrée sur plus de 20 mètres, a précisé Axel Renaudin (Greenpeace). Un porte-parole d'Areva a confirmé que la voie de chemin de fer était bloquée. "Un convoi est prévu aujourd'hui" a-t-il ajouté.
"Nous voulons dénoncer les exportations de déchets nucléaires françaises vers la Russie" a expliqué Axel Renaudin, qui comme les autres militants arbore sur son tee-shirt le slogan "La Russie n'est pas une poubelle". Le 16 février, des militants avaient déjà bloqué la sortie d'un convoi d'uranium d'Eurodif destiné à la Russie.
Manifestations de Greenpeace bientôt interdites ?
Suite aux actions de plus en plus régulières de Greenpeace contre des transports de matières nucléaires, des filiales d'Areva (d'Eurodif et TNI) ont formulé une demande bien précise au juge des référés du tribunal du Havre : "Nous demandons au tribunal d'interdire aux militants d'entreprendre toute action de blocage ou d'empêchement" a affirmé Me Alexandre Gaudin, au nom de ces filiales. Des transferts de matières nucléaires sont prévus prochainement par le port du Havre vers la Russie.
De son côté, Me Alexandre Faro, défenseur de Greenpeace, a estimé que cette demande visait "à museler" les organisations antinucléaire. "Jamais Greenpeace n'a empêché un train ou un bateau de partir" a-t-il souligné en évoquant de simples "retards".
La demande d'Areva, à laquelle le juge doit répondre dans l'après-midi, porte sur le transport de matières nucléaires, que Greenpeace qualifie de "déchets", notamment à bord du cargo Kapitan Kuroptev qui doit arriver dans la journée au Havre. Le navire doit charger de l'uranium appauvri en provenance du Tricastin (Drôme) qui doit être enrichi en Russie avant de revenir en France, selon Areva.