Le site de Braqueville à Toulouse, où sont immergées 5.000 tonnes de poudre à munitions, ne devrait pas être dépolluer au moins avant 2015, selon la Direction générale de l'Armement (DGA). Ces ballastières (sortes de carrières) sont le dernier vestige des produits dangereux de la zone où l'usine chimique AZF a explosé le 21 septembre 2001, faisant 31 morts et des milliers de blessés. De la nitrocellulose (un explosif) y a été enfoui sous forme de bandelettes rectangulaires.
La dépollution des ballastières, aujourd'hui couvertes d'arbres et d'eau, est d'autant plus sensible qu'elles se situent à quelques centaines de mètres de l'ancienne AZF où doit être construite la future clinique universitaire du cancer.
La sous-directrice des sites et de l'environnement de la DGA, Marie-France de Roodenbeke, vient de confier un marché d'études à un groupement d'industriels toulousains pour dégager en deux ans et demi le meilleur moyen technique de "réhabilitation" des ballastières et évaluer le coût des travaux.
"On prendra une décision en 2013 et on lancera un nouvel appel d'offres", ce qui pourrait permettre un lancement des travaux vers 2015, a-t-elle dit.
Le responsable du projet à la DGA, Frédéric Péchoux, a rappelé que les bandelettes de nitrocellulose contenant la poudre sont inoffensives tant qu'elles sont immergées, mais deviennent "très inflammables" lorsqu'elles sèchent. "Il ne faut pas faire de bêtise" a-t-il déclaré.
De plus, la zone est aujourd'hui devenue une réserve d'oiseaux Natura 2000, "ce qui implique des contraintes d'intervention".
Marie-France de Roodenbeke a assuré qu'une première étude avait montré "la sûreté du stockage actuel" en bordure de Garonne, "même en cas de sécheresse extrême".