Selon une étude germano-danoise, les moules, les escargots d'eau douce, les vers, les larves d'insectes et bien d'autres créatures aquatiques dégagent un puissant gaz à effet de serre (GES) lorsqu'ils se...nourrissent !
Lorsque des nitrates sont présents dans leur milieu, ces animaux produisent en effet du protoxyde d'azote (N2O) lors de la digestion. Et où trouve-t'on les nitrates ? Dans les engrais azotés (bien sûr).
Le phénomène avait déjà été observé chez des vers de terre et végétaux terrestres
"L'émission de ce gaz à effet de serre n'avait jamais été mise en évidence chez des animaux aquatiques" soulignent les auteurs de l'étude, publiée lundi dans la revue américaine "Proceedings of the National Academy of Sciences". Le phénomène avait en revanche déjà été observé chez des vers de terre et végétaux terrestres.
Le phénomène risque de s'amplifier, notamment dans les pays tropicaux
Les chercheurs rappellent que les quantités de protoxyde d'azote produites par les animaux sont faibles par rapport aux émissions d'autres gaz à effet de serre des milieux aquatiques. En revanche, ils n'ont pas réussi à dire la part du N2O qui n'était pas piégée par l'eau et qui atteignait l'atmosphère.
"Le dioxyde de carbone reste le principal responsable du réchauffement climatique. Le phénomène risque de s'amplifier, notamment dans les pays tropicaux, en raison de l'usage de plus en plus fréquent d'engrais azotés qui libèrent des nitrates dans l'environnement" a assuré Peter Stief, coordinateur de l'étude conjointe de l'université danoise d'Aarhus et de l'Institut Max Planck de microbiologie marine, en Allemagne.
Le saviez-vous ?
Le protoxyde d'azote, parfois appelé "gaz hilarant", a un effet 310 fois plus marqué, à quantité égale, que le dioxyde de carbone (CO2) dans l'effet de serre mais il est beaucoup plus rare.