Les élections européennes ont vu la victoire de l'UMP avec près de 27,89 % des suffrages selon la totalisation définitive du Ministère de l'Intérieur et la percée des écologistes. Le PS se classe troisième à Paris (14,7%). Le MoDem n'obtient que 8,45 % des suffrages. Viennent ensuite le Front national (6,34%) et le Front de gauche (PCF et Parti de gauche, 6,03%) quasiment à égalité avec l'extrême gauche, tous mouvements confondus (6,09%). Rappelons que l'abstention a battu un record pour ce type de scrutin puisque près de 6 électeurs sur 10 ont boudé les urnes.
Le parti Europe-Ecologie, emmené par Daniel Cohn Bendit, a donc récolté 16,28% des suffrages et devance le PS dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Toulon, Nantes et surtout Paris.
Cette victoire éclatante leur permet aussi d'envisager avec "responsabilité" leur avenir politique dès les régionales de 2010.
"Aujourd'hui, on a des obligations"
Le militant alermondialiste José Bové, tête de liste Europe Ecologie dans la circonscription Sud-Ouest, a même été élu député européen dimanche. Sa liste a recueilli 15,82% des voix et se classe en troisième position derrière l'UMP (26,89%) et le PS (17,71%). Europe-Ecologie obtient ainsi deux députés, José Bové et Catherine Grèze, contre un seul pour les Verts lors du précédent scrutin, en 2004.
Pour José Bové, Europe Ecologie ne doit pas s'arrêter en si bon chemin : "Il est évident qu'aujourd'hui on a des obligations. On ne peut pas simplement avec ce score en rester là. On a aujourd'hui une véritable obligation de continuer, de construire au niveau national, mais aussi européen".
Plus de 50 sièges au Parlement européen
Daniel Cohn-Bendit a annoncé lundi que les verts européens négocient déjà avec les socialistes européens pour essayer de faire une majorité. "Nous aurons plus de 50 sièges au Parlement européen. Nous avons déjà été une force charnière au Parlement, armée de capacité de proposition. Nous allons essayer et continuer dans cette direction. Nous avons déjà des négociations" a indiqué le chef de file d'Europe Ecologie sur RTL.
En France "l'UMP a réussi à stabiliser la droite et à écraser ce qui est à sa droite. Mais vous devez additionner des scores. Si vous prenez le score du PS et le score d'Europe Ecologie par exemple, on fait plus que l'UMP" a-t-il ajouté.
Eva Joly (Europe Ecologie, IDF) a estimé que les électeurs avaient "sanctionné une mauvaise campagne et des coups en dessous de la ceinture. Le succès de sa liste montre aussi l'importance de l'écologie politique" après avoir reproché au gouvernement français d'avoir donné 9 milliards d'euros à l'industrie automobile sans contre partie écologique, comme la limitation des émissions de CO2.

Commentant la percée d'Europe-Ecologie, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copéa jugé que "le message écologiste est très fort" mais "personne ne peut dire aujourd'hui que l'écologie est de gauche. La vérité c'est que c'est un thème qui a largement transcendé les clivages".
Selon certains, la diffusion à la télévision du documentaire écologiste "Home", vendredi dernier, a certainement favorisé le succès d'Europe Ecologie aux élections européennes. Les avis sont partagés, cliquez ici
Hélène Flautre a été réélue dimanche au Parlement de Strasbourg, où elle siège depuis 1999. Elle était la chef de file de la liste "Europe Ecologie" de la circonscription Nord-Ouest. Elle a adhéré au Parti écologiste des Verts en 1989.
De son côté, l'Alliance écologiste indépendante d'Antoine Waechter et Francis Lalanne recueillerait 3,7%, selon OpinionWay, ce qui porterait le vote "écolo" à près de 19%.
Les Français ont élu leurs 72 députés au Parlement européen pour cinq ans : 4 pour le Front de gauche, 14 pour le PS, 1 pour le DVG, 14 pour l'Europe Ecologie, 6 pour le Modem, 29 pour l'UMP-NC, 1pour le Libertas et 3 pour le FN.