Les principales économies mondiales, qui font pourtant partie des plus gros pollueurs de la planète, ont renoncé à s'engager sur une division par deux des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050. Cette annonce a été faite lors d'une réunion des représentants des dirigeants du MEF, qui réunit les seize principales économies de la planète, les huit pays les plus industrialisés du G8 et les grands émergents comme la Chine, l'Inde, la Corée du Sud ou le Brésil.
Ces nations ne veulent pas se prononcer sur un objectif chiffré de réduction de leurs émissions. "Il y a un très fort engagement (de leur part) à réduire de façon substantielle les émissions mondiales d'ici 2050, mais il n'y a pas de 50%. Sur la date à laquelle les émissions devraient culminer, ils disent qu'elle devrait intervenir dès que possible, mais sans mention explicite. De notre point de vue, si la lutte contre le changement climatique doit se fonder sur la science, les émissions devraient culminer en 2020 (puis baisser) afin de limiter le réchauffement à 2°C" selon une source européenne.
En revanche, le MEF serait partant pour conserver cet objectif d'un réchauffement maximal à 2°C supplémentaires par rapport aux niveaux pré-industriels, a indiqué un négociateur occidental.
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Que s'est-il passé ?
Dans un précédent projet, le MEF soutenait l'objectif de réduire les émissions mondiales de 50% d'ici 2050, mais n'avait pas précisé l'année de référence par rapport à laquelle cette division devait s'opérer.
Pour l'Union européenne, il s'agit d'un revers : "Nous poussons pour avoir davantage, nous poussons pour des objectifs ambitieux (de réduction) à moyen terme, et nous poussons pour une division par deux des émissions mondiales" a souligné un responsable européen.
Progression des émissions de gaz à effet de serre depuis 1997
Alors que la Conférence sur le climat doit se tenir à Copenhague en décembre prochain, ce recul est de mauvais augure. Yvo de Boer, le secrétaire exécutif de la Convention cadre sur les changements climatiques, a déclaré : "Les dirigeants doivent faire preuve de leadership. Sans ça, il sera vraiment difficile de faire avancer le processus".
Vous ne le saviez peut-être pas mais depuis la signature du Protocole de Kyoto en 1997, les émissions de gaz à effet de serre ont progressé trois fois plus vite que durant la décennie précédente.