Alors que la conférence internationale sur le climat à Copenhague se profile à l'horizon (7 au 18 décembre prochain), des dizaines de chefs d'état et de gouvernement sont réunis dans les locaux de l'ONU à New York pour essayer de redonner un élan aux négociations internationales sur le changement climatique.
"C'est l'occasion pour les responsables de la planète de montrer qu'ils sont sérieux quant au changement climatique" a déclaré Yvo de Boer, le responsable de la convention de l'ONU sur le climat.
La discorde persiste entre pays développés et en développement sur les solutions à adapter ?
Les négociations sont en effet dans l'impasse ! Les nations développées et les pays émergents ne parviennent toujours pas à trouver un accord sur les moyens (surtout chiffrés) de diminuer les émissions de gaz à effet de serre puis d'encourager les énergies propres. Après ce nouveau sommet sur le climat, les leaders des pays industrialisés et des grandes économies se retrouveront à Pittsburgh avec le G20 les 25 et 25 septembre. Les ministres des Finances devront y présenter des propositions sur le financement des aides aux pays en développement pour combattre le dérèglement climatique.
La lenteur de l'administration américaine fait grincer des dents
L'Europe devrait d'ailleurs interpeller les Etats-Unis, dont le Sénat ne semble pas disposé à adopter un projet de loi sur le climat et l'énergie avant 2010. Le chef de la majorité démocrate du Sénat Harry Reid a récmement indiqué que la réforme sur la santé était prioritaire. Une question se pose alors ? Les Etats-Unis prennent-ils au sérieux leurs engagements internationaux. Il faut espérer que la réponse est oui ! Beaucoup d'Amércains sont pourtant hostiles à la création d'un marché d'émissions de CO2 dit "cap and trade", qui pourrait selon eux pénaliser les industries et les ménages américains.
Une aide chiffrée et puis c'est tout !
Washington reste muet concernant une aide chiffrée aux pays en développement pour lutter contre le réchauffement et ses effets (comme les inondations et les sécheresses).
De son côté, l'Europe a déjà proposé une assistance de 100 milliards d'euro annuellement des pays riches d'ici 2020, dont la part européenne pourrait atteindre 30,4%. John Bruton avait aussi dit que le monde ne pouvait pas attendre qu'un seul pays se décide pour conclure un accord.
L'émissaire américain sur le changement climatique, Todd Stern, a noté que 97% de l'augmentation des émissions de CO2 d'ici 2030 proviendra du monde en développement. Quant aux principaux pays en développement comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, ils "commencent à reconnaître la gravité du problème, leur propre vulnérabilité et la nécessité d'une action mondiale".
Des désaccords subsistent toujours
L'effort pour sauver Copenhague, a commencé avec la réunion à Washington des représentants du Forum des principales économies développées et émergeantes responsables de 80% des émissions carboniques de la planète.
Si "les divergences se sont quelque peu aplanies" les désaccords subsistent, avait indiqué vendredi à l'issue de ces deux jours de discussions l'émissaire américain sur le changement climatique, Todd Stern. Ces discussions ont porté sur les efforts de réduction des émissions de ces pays, les mesures d'adaption et les technologies.
Et si ils fixaient un ordre du jour ?
Michael Levi, expert au Council on Foreign Relations, un institut privé de recherche, a déclaré : "Le sommet de mardi serait beaucoup plus productif si les chefs d'Etat fixaient un ordre du jour réaliste à leurs négociateurs" tel un accord sur une feuille de route, ajoute-t-il en référence "aux très fortes pressions exercées par les Européens" sur Washington.
"Après la division entre pays développés et en développement sur le climat étalée publiquement s'ajoute maintenant un fossé transatlantique grandissant, ce qui est dangereux" juge cet expert.