Le barrage très controversé de Belo Monte en Amazonie, sera bien construit. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, vient en effet de donner son feu vert en signant le contrat de concession.
De son côté, l'institut brésilien de l'Environnement n'a pas encore donné son autorisation formelle pour la construction, et les constructeurs ont sollicité une autorisation partielle pour pouvoir commencer les travaux probablement en septembre, a indiqué le directeur de l'Agence Nationale d'Energie électrique, Nelson Hubner
Opposition des écologistes et des communautés indigènes
"Le gouvernement a signé la condamnation à mort du fleuve Xingu et l'expulsion de milliers de riverains" ont déclaré des indiens de la région soutenus notamment par l'Eglise et le réalisateur d'Avatar, James Cameron.
A un coût estimé à 8,7 millions d'euros, Belo Monte sera le troisième barrage le plus grand au monde (11.000 MW), derrière celui des Trois Gorges en Chine (18.000 MW) et celui d'Itaipu (14.000 MW) à la frontière avec le Brésil et le Paraguay.
Ce barrage inondera une zone de 500 km2 sur les berges du Xingu et obligera au déplacement de 16.000 personnes, selon les chiffres officiels. "Notre magasin d'approvisionnement est la forêt et notre supermarché est le fleuve" ont souligné 62 chefs indiens dans un manifeste contre le barrage. "Nous allons les convaincre que nous avons tenu sérieusement compte de la question sociale (...) et environnementale" a souligné Lula jeudi.
La justice régionale a également contesté la construction du barrage qui requiert "des excavations équivalentes à celles du canal de Panama" et fera doubler la population locale, avec au moins 85.000 personnes en quête de travail, "ce qui entraînera une pression sur la terre et la déforestation" a dit le procureur Ubiratan Gazetta.
Les opposants au projet affirment aussi que ce barrage est construit avec des fonds publics car il n'est "pas économiquement viable". Pour le gouvernement, le projet de Belo Monte sur le fleuve Xingu, qui représentera 11 % de la puissance énergétique installée du Brésil, a bien planifié.
Le consortium Norte Energia, à dominante publique (49,98 %) construira le barrage, mais la participation indirecte de l'Etat est estimée à 70 % car des fonds d'investissements d'entreprises publiques complètent ce consortium.