L'ancien porte-avions francais Clémenceau est arrivé dans le bassin de cale sèche du chantier naval d'Hartlepool (nord-est), où il sera désamianté et démantelé. Le bâtiment a été remorqué du port de Tees et Hartlepool pour lui permettre d'atteindre sans encombres le Centre de récupération et de recyclage environnemental de Teesside, qui possède la plus vaste cale sèche au monde (10 hectares).
92% des 26.000 tonnes (environ) du navire seront recyclés
Didier Lépine suivra le démantèlement de la coque pour la marine française et il s'interessera à l'exécution du contrat, notamment en matière de protection de l'environnement, de sécurité de la main-d'oeuvre et du recyclage. Selon lui, la dépense nette de l'Etat français pour le démantèlement du Clémenceau atteindra entre 2,5 et 4,5 millions d'euros, après la vente de la ferraille. 92% des 26.000 tonnes (environ) du navire seront recyclés. Le navire contient environ 700 tonnes de métaux contaminés par l'amiante, une substance hautement cancérigène.
Les autorités britanniques demandent une faveur aux Français
D'ailleurs, le Clemenceau a connu plusieurs tribulations depuis son désarmement le 17 juillet 1997. En octobre 2006, le navire, devenu "coque Q790" quitte Toulon pour l'Espagne, où il doit être désamianté et démantelé par la société espagnole Gijonese mais le contrat est finalement résilié.
En décembre 2005, il appareille vers l'Inde, sous les protestations des associations écologistes qui s'inquiètent de l'amiante restée à bord. Finalement ce pays refuse au dernier moment de procéder à cette opération sur son territoire. Quelques jours plus tard, l'Egypte refuse l'accès du canal à Q790.
En février 2006, Jacques Chirac ordonne le rapatriement de l'ex-Clem. En mai 2006, le Clemenceau arrive à Brest.
En juillet 2008, le ministère de la Défense annonce que le démantèlement est confié à la société britannique Able UK ltd. Les autorités britanniques demandent une faveur aux Français : procéder au grattage de la partie immergée de la coque. Pourquoi ? Parce que les Britanniques ne veulent pas être envahis par un coquillage, le crépidule, et l'algue japonaise, la lamonaria japonica, qui n'existent pas en Grande-Bretagne.
Hartpool, destination finale des poubelles flottantes
De leurs côtés, les écologistes font grise mine car ils ne veulent pas que leur ville devienne "la destination finale des poubelles flottantes du monde entier". "Nous ne voulons pas du Clemenceau. Nous avons déjà beaucoup d'industries polluantes pour une ville de cette taille" constate Jean Kennedy, une militante. Pour Jerry Drewitt, capitaine du port de Tees et Hartlepool, le Clem "n'a rien d'exceptionnel. Il n'est pas plus grand que les navires que nous recevons tous les jours et qui transportent des produits très dangereux". "Pourquoi quelques tonnes d'amiante deviennent un problème? Nous construisons ces navires, il faut les recycler correctement".
Cet ancien fleuron de la marine française est parti de Brest mardi et il a rejoint sa destination finale dimanche lors d'une traversée de 1.400 kilomètres, tracté par un remorqueur de haute mer à une vitesse moyenne de six noeuds. Il a été rebaptisé coque Q790. Selon Peter Stephenson, patron d'Able UK, il devrait avoir totalement disparu en janvier 2010.