Le 5e Forum mondial de l'eau a pris fin dimanche sur une déclaration qui affirme notamment la nécessité d'améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement à travers le monde. La notion de "droit à l'accès à l'eau", pourtant demandée par plusieurs Organisations non gouvernementales et pays, ne figure pas dans cette déclaration.
1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable
Le texte énumère un certain nombre d'engagements pour mieux gérer la demande en eau, favoriser l'accès à l'assainissement dont 2,5 milliards de personnes sont encore privées, ou encore lutter contre la pollution des cours d'eau comme des nappes phréatiques.
"La déclaration ministérielle est un document important qui servira de repère au niveau gouvernemental" a déclaré le ministre turc de l'Environnement, Veysel Eroglu.
Environ 1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable et 2,5 milliards n'ont pas accès à un système sanitaire décent.
La dernière version du projet de déclaration stipule que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un "besoin humain fondamental", et non pas un "droit". "La différence est fondamentale" explique Anil Naidoo (Blue Planet Project) : "Légalement, un besoin humain n'a aucune valeur. C'est enfoncer des portes ouvertes. Au moins 30 pays ont aujourd'hui intégré la notion de droit à l'accès à l'eau dans leur constitution" ajoute-t-il.
Le 20 mars, la France a indiqué qu'elle souhaitait que le texte soit renforcé sur ce point. Les Etats-Unis, le Brésil et l'Egypte font partie des pays qui s'y sont opposés lors des discussions préparatoires.
Comment parler de droits de l'Homme si on ne parle pas de droit à l'accès à l'eau ?
"Nous avons pris la décision de rouvrir les débats. Nous souhaitons que cela puisse figurer dans la déclaration. Nous y tenons" a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno.
"Comment parler de droits de l'Homme si on ne parle pas de droit à l'accès à l'eau ? C'est le droit qui conditionne tous les autres" a-t-elle ajouté.
Sur plus de 100 sessions, une seule traite des conflits armés
Lors de la séance plénière, le ministre équatorien de l'eau, Jorge Jurado a souligné que son pays reconnaissait "l'eau comme un droit de l'Homme fondamental".
De nombreuses voix regrettent que les débats restent trop souvent à l'écart des sujets les plus sensibles. "Sur plus de 100 sessions, une seule traite des conflits armés" a regretté Robert Mardini, directeur du département eau et habitat du Comité international de la Croix-Rouge.
L'humanité devait se préparer à une forte hausse de la demande en eau
Les Nations Unies n'ont pas hésité à dénoncer le "sous-investissement", la "mauvaise gouvernance" et le "manque chronique d'intérêt politique" mais elles ont aussi rappelé qu'avec la croissance démographique annoncée (9 milliards en 2050 contre 6,5 mds aujourd'hui),
l'humanité devait se préparer à une forte hausse de la demande en eau (+ 64 milliards de m /an).