Vendredi, une fuite sur un oléoduc a entraîné la propagation d'une nappe de 4.000 m3 de pétrole brut, sur 2 hectares, dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau (Bouches-du-Rhône). La réserve naturelle a été créée en 2001, tandis que l'oléoduc date de... 1971.
Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a qualifié cet incident comme étant « un vrai désastre écologique puisqu'on est sur une réserve naturelle, un site qui abrite des espèces rares ».
Retour sur les faits :
La Société du Pipeline Sud-Européen (SPSE), qui gère cet oléoduc reliant Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) à l'Allemagne, a annoncé, à la mi-journée, cet incident constaté le matin, à 07h57. SPSE a alors précisé que la fuite avait eu lieu dans une zone loin de toute habitation et de tout cours d'eau, mais sans pour autant préciser qu'il s'agissait d'une réserve naturelle.
Ce n'est qu'en milieu d'après-midi que Laurent Tatin, un responsable de la réserve naturelle de Coussouls de Crau, a précisé aux journalistes qui attendaient Mme Jouanno que la pollution touchait cette zone protégée.
Quels dangers pour l'écosystème ?
Selon M. Tatin, il y aurait des risques de « destruction de l'écosystème et d'un impact sur certaines espèces spécifiques à la réserve, notamment le criquet de Crau et le Ganga Cata », un oiseau que l'on ne trouve en France que dans la plaine de La Crau.
Cette réserve de 7.400 hectares, au nord-ouest de l'étang de Berre, est « la dernière steppe sèche d'Europe », précise la préfecture des Bouches-du-Rhône, ajoutant que des « espèces endémiques ont été touchées mais ne sont pas menacées » et que « cette pollution aura des conséquences durables sur l'environnement touché ».
Des risques sanitaires ?
« Il n'y a pas de risque sanitaire. A ce jour, il n'y a aucun problème sur la consommation d'eau », affirme Chantal Jouanno, précisant que la nappe phréatique se situe à plus de 10 mètres de profondeur.
Concernant "l'origine de l'accident, il faudra faire toute la lumière sur cette affaire et en tirer les conclusions, c'est l'exploitant qui est responsable", a prévenu Mme Jouanno.
Le pompage du pétrole a commencé dès vendredi
Sur place, une vingtaine de pompiers et d'employés de sociétés privées étaient mobilisés dans un paysage plat et désertique, survolé par des hélicoptères. « Le pompage est en cours, ça avance vite », précise Mme Jouanno.
Ce pompage devrait se terminer dans les 48 heures suivantes, selon la préfecture, en ajoutant que « la phase de dépollution du site durera près d'un mois ».
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