Des organisations écologistes ont estimé jeudi que les engagements de lutte contre le changement climatique pris par les dirigeants du G20 étaient trop vagues. Les dirigeants ont pourtant réaffirmé leur détermination à signer un accord lors de la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra en décembre à Copenhague (Danemark).
Il est toujours utile de réaffirmer l'engagement, mieux encore de le concrétiser
Yvo De Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre de l'Onu sur les changements climatiques a déclaré : "C'est un bon exemple de coopération des grandes économies mondiales et de mise au point d'un accord commun. L'engagement de parvenir à un accord à Copenhague a été pris à Bali (en 2007). Il est toujours utile de réaffirmer l'engagement, mieux encore de le concrétiser. Ce que je trouve important c'est que (une économie plus verte) fait partie de la pensée de chacun."
Les chefs d'Etat, qui étaient réunis à Londres ces dernières heures, ont aussi promis d'accélérer la transition vers une économie émettant moins de gaz à effet de serre et créant des "emplois verts".
Le G20 s'est surtout efforcé de prévenir un effondrement du système financier mondial
Les défenseurs de l'environnement espéraient aussi un message plus ferme sur la reconstruction d'une économie moins gourmande en combustibles fossiles et faisant davantage appel à l'énergie éolienne et solaire afin d'éviter une crise climatique et énergétique pire encore que la crise financière actuelle.
Le sommet du G20 s'est surtout efforcé de prévenir un effondrement du système financier mondial et il a arrêté un plan de relance de 1.000 milliards de dollars pour sauver l'économie mondiale, relancer la consommation et rétablir la confiance.
Les plans de relance britannique et italien font plus de tort que de bien au climat
"Pour la transition vers une économie verte, il n'y a pas d'argent sur la table, seulement de vagues aspirations" a déploré John Sauven, directeur exécutif de Greenpeace.
Un rapport publié jeudi et réalisé pour le WWF et le groupe de réflexion sur l'environnement E3G affirme par exemple que les plans de relance britannique et italien font plus de tort que de bien au climat en prévoyant la construction de routes.
Les dirigeants du G20 auraient dû consacrer davantage d'argent à la prévention de la montée du niveau des mers
Un représentant des petits pays insulaires présent à Bonn pour la conférence sur le climat a déclaré que les dirigeants du G20 auraient dû consacrer davantage d'argent à la prévention de la montée du niveau des mers causée par les changements climatiques.
"S'ils peuvent mobiliser des milliers de milliards de dollars pour créer des emplois, pourquoi ne peuvent-ils pas faire davantage pour enrayer le changement climatique?" s'est interrogé M.J. Mace, conseiller juridique des Etats fédérés de Micronésie.