Greenpeace a dénoncé pour la énième fois le bétonnage des côtes espagnoles. Entre 1987 et 2005, plus de 50.000 hectares d'espaces naturels le long des côtes espagnoles ont été transformés en urbanisations ou locaux commerciaux et cette "destruction" continue actuellement au rythme de 7,7 hectares par jour, selon un rapport publié vendredi (16 juillet).
"Le plus grave est que cette tendance se poursuit" et que le "saccage" des côtes espagnoles n'a pas été ralenti par la crise économique que traverse la pays, a déclaré le président de Greenpeace Espagne, Juan Lopez de Uralde.
Des preuves, des preuves !
L'organisation écologique en possède. Ce rapport est en effet accompagné d'impressionnantes photos qui montrent l'urbanisation "massive" de nombreuses localités comme Marbella ou Benidorm, qui étaient autrefois d'anciens villages de pêcheurs.
Selon Greenpeace, ce phénomène a été particulièrement sensible au cours de la dernière décennie en Andalousie (sud), dans la région de Valence (est) et en Cantabrie (nord) et s'est étendu à des localités auparavant relativement épargnées comme Murcie, Almeria ou Huelva.
Et ce saccage devrait se poursuivre
Les municipalités côtières prévoient toujours de bâtir des millions de logements, ainsi que de nouveaux hôtels ou ports de plaisance, selon Greenpeace, pour qui "le luxe véritable n'est pas un hôtel cinq étoiles mais une plage vierge".
L'organisation pointe du doigt un hôtel, El Algarrobico. Construit illégalement en 2005-06, il est resté vide sur une plage dans le parc naturel protégé de Cabo de Gata près d'Almeria, mais est toujours debout malgré des décisions de justice ordonnant sa démolition.
Greenpeace réclame l'application et le renforcement des lois protégeant le littoral espagnol et rappelle que ce bétonnage des côtes a entraîné une sérieuse dégradation de la qualité de l'eau dans les régions affectées.