Lundi, Greenpeace organise une « mobilisation citoyenne » dans le détroit de Bonifacio (extrême-sud de la Corse) afin d'« exiger sa réelle protection ».
Greenpeace et ses partenaires (l'association environnementaliste corse Le Poulpe, le WWF et la Surfrider Foundation) appellent « tous les citoyens amoureux de la mer et soucieux de la préservation de leur environnement à se joindre, avec leur propre embarcation » au Rainbow Warrior, navire-amiral de l'association, pour obtenir une vraie protection du détroit.
Greenpeace demande aussi une réelle protection du sanctuaire de cétacés "Pelagos", créé il y a dix ans par la France, l'Italie et Monaco. Cette zone d'observation s'étend sur environ 90.000 km2, entre les Iles d'Hyères, la Toscane et le Nord de la Sardaigne et englobe l'île de Corse.

Le détroit de Bonifacio : dangereux et stratégique
Traversé par de violents courants et balayé par des vents souvent très forts, le détroit de Bonifacio est difficile à emprunter, en raison de nombreux écueils qui le parsèment
De nombreux changements de cap se révèlent nécessaires, pour suivre un chenal compliqué.
Mais malgré ses dangers, ce passage entre la Sardaigne et la Corse, est emprunté par plus de... 3.000 navires par an. Et, selon Greenpeace, environ 10% de ces navires transporteraient des matières dangereuses, souvent à des vitesses déraisonnables.
Un détroit qui fait l'objet de nombreux débats... depuis le début des années 90
La démarche de Greenpeace vient renforcer les demandes répétées formulées par l'Assemblée de Corse.
Entre 1990 et 1992, en concertation avec ses homologues sardes, l'Assemblée de l'île a adopté de nombreuses motions demandant officiellement aux autorités compétentes l'interdiction totale de tout trafic de navires transportant des hydrocarbures ou autres matières dangereuses dans le détroit.
A l'occasion du "Grenelle de la mer", l'Assemblée de Corse a réitéré sa demande de création d'une « zone maritime particulièrement vulnérable », qui couvrirait la partie nord-ouest du bassin méditerranéen, allant des côtes espagnoles aux côtes italiennes.
Si cette zone était créée, le passage de tout navire serait alors interdit dans le détroit. A ce jour, à la suite d'un accord entre Rome et Paris, le détroit est seulement interdit aux navires battant pavillon français ou italien et transportant des matières dangereuses. « Tous les autres, y compris ceux naviguant sous pavillon de complaisance, y circulent sans entrave », souligne Greenpeace.