Le juge des référés du Havre a interdit mardi (6 avril) à Greenpeace de perturber le transfert de matières nucléaires par le port du Havre vers la Russie, sous peine d'une amende de 75.000 euros par infraction, a-t-on appris de source judiciaire.
L'interdiction est valable durant le transport par voie ferrée des matières nucléaires entre l'usine du Tricastin (Drôme) et Le Havre et durant les opérations de manutention dans ce port sur un navire. Greenpeace aura également les pieds et les poings liés lorsque le navire sera en mer. L'interdiction, applicable du 6 au 13 avril, concerne les militants de Greenpeace mais aussi ses sympathisants.
Dans le détail, l'organisation écologique, qui considère que ces matières nucléaires sont des "déchets", n'a pas le droit de s'approcher à moins de 150 mètres des convois ferroviaires et du navire lorsque celui sera à quai. L'interdiction est portée à 300 mètres lorsque le navire se trouvera en mer. Le juge a donc donné raison à Eurodif et TNI, les filiales d'Areva, qui réclamaient l'interdiction des manifestations de Greenpeace.
Mardi dans la matinée, des militants de Greenpeace avaient bloqué au Tricastin un convoi chargé d'uranium appauvri qui doit être enrichi en Russie avant de revenir en France.
Areva redoutait que le cargo Kapitan Kuroptev, qui doit transporter de l'uranium du Havre jusqu'en Russie, ne fasse l'objet d'actions de la part de l'organisation écologiste.