Nous vous proposons un verbatim des principales déclarations et petites phrases prononcées aujourd'hui au premier jour de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi « Grenelle II » de l'environnement.

- Jean-François Copé, le chef de file des députés UMP : la majorité n'a "pas à rougir du travail accompli" depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy "en faveur du développement durable". "Que ce soit à travers le Grenelle 1 ou le Grenelle 2, c'est en réalité une transformation profonde des comportements des ménages et des entreprises qui est en train de se mettre en oeuvre". Il a accusé la gauche de "tenter", en mettant l'accent sur l'abandon de la taxe carbone, de "faire oublier tout ce qui a été mis en place". M. Copé a salué les "avancées considérables" du Grenelle, "élément important du quinquennat du président de la République".

- Le rapporteur général du Budget Gilles Carrez (UMP) et Charles de Courson (Nouveau centre) : "S'agissant des exonérations, tout ce qui est fiscal dans ce texte doit être validé en loi de finances en fin d'année, on verra ce qui reste", a déclaré M. Carrez. Il a rajouté qu'il allait demander lors de la conférence des déficits du 20 mai à l'Elysée que "toutes les dispositions fiscales parsemées dans des textes hors lois de finances soient obligatoirement validées en fin d'année par la loi de finances". "Je refuse de voter des textes qui créent des droits alors qu'on ne peut pas les honorer. C'est se moquer du peuple", a déclaré M. de Courson.
- Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault estime au sujet du projet de Grenelle : "C'est un mauvais texte, on est partis pour voter contre puisque la plupart de nos amendements ont été rejetés". "Nous avions voté le Grenelle I parce que c'était les grandes orientations d'une politique de l'environnement ambitieuse", mais après, "il y a eu une sorte de revirement, de retour en arrière", a-t-il déploré. "Le Grenelle II c'est l'abandon de l'ambition. On le voit sur les pesticides, on le voit sur les camions, sur la taxe carbone, sur les éoliennes", a-t-il affirmé. "Le manque d'ambition se traduit par un non débat", à l'Assemblée nationale a également déploré M. Ayrault."On aurait pu prendre deux semaines pour examiner les 1.800 amendements". Le député-maire de Nantes a indiqué que son groupe n'avait "pas l'intention de venir au secours" de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno alors que "la majorité UMP est plus que rétive".
-Jean-Paul Chanteguet (PS) a jugé, que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo était "confronté à la dictature du court terme : la crise, les lobbies et les échéances électorales".

- Les députés Nouveau Centre vont demander la suppression d'une disposition du Grenelle 2 soumettant les éoliennes au régime des Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), prévient le président du groupe François Sauvadet. "On a été un peu trop loin dans les dispositifs de préservation de notre environnement". "C'est vrai qu'il fallait mettre un terme au mitage du territoire avec une éolienne posée ici ou là. Mais, dans le même temps, arriver jusqu'à des processus d'installations classées pour les éoliennes, c'est mettre un coup d'arrêt à l'éolien", a-t-il dit.

- La navigatrice et présidente du WWF-France demande aux députés de "respecter l'esprit du Grenelle" de l'environnement. Dans une tribune publiée dans Le Monde - daté de mercredi -, co-signée par Serge Orru, directeur-général du WWF (Fonds mondial pour la nature), Isabelle Autissier estime que "ce Grenelle et les étapes qui suivront doivent nous aider à métamorphoser notre société humaine". "Si le Grenelle de l'environnement a été une avancée, ce n'est pas encore la panacée", indique-t-elle. "Ce fut avant tout un inventaire français non exhaustif des enjeux environnementaux, un réel rattrapage écologique à l'égard des pays du nord de l'Europe".Mais, poursuit-elle, "pour la première fois des acteurs qui jusque là échangeaient uniquement dans l'antagonisme se sont retrouvés à négocier dans un même but", celui de laisser à nos générations futures une planète vivante". "L'écologie a besoin d'intelligence collective et de partage"."Mesdames et Messieurs les députés, nos enfants vous seront reconnaissants de respecter l'esprit du Grenelle", conclut-elle.
- Le leader d'Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit se démarque de ceux qui "refusent en bloc" le projet de Grenelle II de l'environnement, les invitant à être "plus lucides" et à juger le texte "mesure par mesure". "Je ne suis pas tout à fait d'accord avec les députés Verts et certains qui refusent en bloc maintenant le Grenelle II",appelant à "être plus lucide dans le débat". "Je trouve qu'il faudrait voir mesure par mesure parce que je crois qu'il y a des mesures justes" et le ministre de l'Ecologie "Jean-Louis Borloo essaie de faire passer quelque chose justement du Grenelle de l'environnement", a-t-il estimé.
- Noël Mamère, député Verts de Gironde, estime que le projet de Grenelle II avait été "vidé de son contenu" et n'était plus qu'"un astre mort", "un champ de ruines".
-La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a pris mardi la défense de l'énergie éolienne, l'un des volets les plus polémiques de la loi Grenelle 2, estimant qu'il "n'est pas dramatique" d'installer plusieurs milliers de mâts supplémentaires. "Il y a eu 1.600 amendements déposés. Le gros sujet, c'est l'éolien, qui fait le plus débat aujourd'hui", a déclaré Mme Jouanno . "J'ai toujours été très réservée sur ces dispositions qui freinent l'éolien, parce que dans tous les cas, si on veut développer toutes les sources d'énergie renouvelables et diversifier nos énergies, il faut mettre le curseur au maximum partout", a déclaré Mme Jouanno.
- Le président de la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale, Christian Jacob (UMP), s'en est pris mardi, devant les députés UMP, à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, accusée de "jouer perso" et de participer aux critiques contre l'UMP sur le Grenelle. Proche du patron des députés UMP, Jean-François Copé, M. Jacob s'est dit "choqué" par les critiques formulées par la presse à l'encontre de l'UMP et du gouvernement, certains médias évoquant la mort du Grenelle.

- "Il n'y a aucun recul politique" sur l'environnement, assure le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo. "Il n'y a aucun recul politique. Mais ne soyons pas dupes, de telles avancées en si peu de temps n'arrangent pas tout le monde", déclare M. Borloo dans un entretien au quotidien économique Les Echos . Le ministre se dit néanmoins "confiant" pour le passage de la loi devant l'Assemblée et assure que "les députés sont parfaitement conscients des enjeux et de la nécessité de donner à la France les outils législatifs pour poursuivre sa mutation vers une économie sobre en carbone". "Nous devons continuer de démontrer la réalité économique de la croissance verte et réaffirmer le sens politique de notre action sans laisser l'idéologie reprendre le dessus", poursuit-il.
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Pour Ségolène Royal, "Le Grenelle 2 est un grave recul par rapport aux promesses faites. Or, la croissance verte constitue le moteur du développement des emplois et de la croissance", indique la présidente de Poitou-Charentes. Pour elle, la marée noire qui commence à souiller les côtes des Etats-Unis "donne à l'examen du projet de loi Grenelle 2 une importance encore accrue". Le texte de loi du Grenelle 2 est "un rendez-vous manqué avec l'Histoire": "aucun enjeu majeur comme le climat, la préservation des ressources naturelles dont l'eau, les sols, les pollutions et leurs effets sur la santé humaine, le développement des énergies renouvelables, l'habitat économe en énergie, n'échappe au rabotage".
Pour l'éolien, "tout est fait pour que la dynamique s'arrête et décourage investisseurs, entreprises et collectivités locales"; pour les pesticides, "le Grenelle 2 s'éloigne du Plan Ecophyto 2018, adopté en 2008".
Dans l'habitat, "les locataires ne peuvent plus se prévaloir à l'encontre du bailleur des données du Diagnostic de Performance Energétique" et "les obligations de performance énergétiques sont en grande partie annulées ou reportées dans des délais de près de 10 ans".
Pour les collectivités, déplore l'ex-candiate à l'Elysée, "seules les actions sur leur propre patrimoine donnent lieu à récupération des certificats d'économie d'Energie CEE, limitant leur effet levier, sur les autres actions qu'elles soutiennent".
Aux cris de "Eolien, les emplois de demain !", des milliers d'employés et représentants de cette filière ont défilé mardi à Paris pour protester contre des amendements à la loi Grenelle 2 "catastrophiques", selon eux, pour le développement de l'éolien en France. Ces amendements, examinés comme le reste de la loi à partir de mardi après-midi, prévoient des règles plus contraignantes à l'installation des éoliennes.