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17 mars 2011 -
13h03 :
Japon : camion-citerne et hélicoptères pour éviter une catastrophe nucléaire
[ ENVIRONNEMENT - CATASTROPHE NUCLEAIRE - JAPON ]

hélicoptère nucléaireA l'aide d'hélicoptères et de canons à eau, les autorités nippones continuaient à lutter jeudi par tous les moyens pour tenter de refroidir des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima 1, endommagée par le séisme de magnitude 9 suivi d'un tsunami vendredi dernier.

C'est la course contre la montre au Japon pour éviter une catastrophe nucléaire

Des hélicoptères de l'armée japonaise ont survolé la centrale et largué à quatre reprises 7.500 litres d'eau sur les réacteurs endommagés 3 et 4, selon les images. L'objectif était notamment de remplir la piscine de combustible usagé du réacteur 4 qui a été endommagée par deux incendies.
Cette piscine étant quasiment asséchée a provoqué des niveaux "extrêmement élevés" de radiations, a déclaré le président de l'Autorité américaine de régulation nucléaire, Gregory Jaczko. La fusion de ce combustible pourrait entraîner des rejets de radioactivité de même ampleur que la catastrophe de Tchernobyl, selon des experts.

Ces barres de combustibles usés, qui dégagent beaucoup de chaleur, se trouvent dans une piscine située dans la partie supérieure du réacteur arrêté pour maintenance avant le séisme et le tsunami dévastateur. Le réacteur 3 a également été endommagé par une explosion d'hydrogène survenue lundi. Le toit et certaines parois du bâtiment extérieur ont été soufflés tandis que l'enceinte de confinement a peut-être été endommagée.

Centrale de Fukushima au Japon, le réacteur numéro 4 est endommagé. Photo prise le 16 mars 2011. 2 camions spéciaux de l'armée arrosent le réacteur 3
 
Deux camions spéciaux de l'armée ont commencé jeudi en début de soirée à arroser le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi , après une tentative avortée du canon à eau de la police, a annoncé la télévision NHK.
Cinq camions citernes de l'armée ont été envoyés sur place, avec trente tonnes d'eau, pour participer aux opérations de refroidissement des réacteurs. A la différence des camions de la police, ces véhicules peuvent bombarder d'eau une cible sans que les soldats soient obligés de sortir de la cabine.  Les policiers avaient tenté auparavant d'arroser le réacteur, mais ils n'ont pu s'approcher assez près en raison du niveau élevé des radiations, a précisé NHK.
Les principales préoccupations des autorités japonaises se concentrent pour l'heure sur ce réacteur n°3, seule tranche de la centrale à fonctionner avec du plutonium, jugé plus dangereux que l'uranium.

Les systèmes de refroidissement sont hors service depuis vendredi à la suite du séisme de magnitude 9, le plus fort jamais enregistré au Japon, suivi d'un tsunami qui a dévasté les côtes du nord-est du pays.

Devant la menace d'un accident nucléaire majeur, l'ambassade des Etats-Unis a fixé la zone de risque à 80 kilomètres autour de la centrale. Les autorités nippones n'ont pour l'instant établi un périmètre de sécurité que de 30 kilomètres et le gouvernement a affirmé mercredi que les radiations au-delà de la zone d'exclusion des 20 kilomètres "ne posent pas de danger immédiat pour la santé". Par précaution, 10.000 personnes de la préfecture de Fukushima seront soumises à des tests de radioactivité dans 26 centres d'examen.

Risque de coupure de courant à grande échelle à Tokyo

Alors que  la production d'électricité est actuellement amoindrie par la série d'avaries survenus dans les centrales nucléaires depuis le séisme et le tsunami de vendredi dernier, des coupures à grande échelle pourraient avoir lieu dans la partie est du Japon jeudi. En dépit des interruptions géographiques planifiées, la consommation  a fortement augmenté à cause de la vague de froid qui touche aujourd'hui l'est du Japon.
La température a très nettement baissé depuis mercredi soir dans les régions desservies par la compagnie Tokyo Electric Power (TEPCO) qui exploite les installations nucléaires de Fukushima, arrêtées depuis la catastrophe de vendredi. Si les entreprises et citoyens ne font pas tous les efforts pour minimiser leur consommation électrique, la mégapole de Tokyo pourrait être plongée dans le noir jeudi soir.

"Ce matin déjà, la consommation était déjà presque égale à la production, ce qui signifie que ce soir et cette nuit, au moment des pics traditionnels de consommation, les besoins pourraient excéder largement l'offre, et engendrer une imprévisible coupure de courant à grande échelle" a-t-il prévenu.
"Pour éviter cette situation, je demande aux entreprises comme aux citoyens d'éteindre systématiquement tous les appareils électriques allumés inutilement ou dont l'usage n'est pas indispensable", a imploré le ministre.
TEPCO a déjà instauré depuis lundi un dispositif de coupures planifiées à l'avance et réparties par sections géographiques afin de réguler la demande. Toutefois, ces mesures de précaution pourraient ne pas suffire cette nuit, à cause de la consommation des systèmes de chauffage électriques.

Les vents devraient rester favorables jeudi et repousser vers l'océan Pacifique les rejets radioactifs de la centrale.

Distribution de pastilles d'iode aux Français

L'ambassade de France à Tokyo distribue "à titre préventif" des pastilles d'iode aux Français qui se trouvent au Japon. Environ 3.000 sont basés aujourd'hui dans la région de la capitale japonaise, a annoncé jeudi le Quai d'Orsay.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a averti le Japon il y a deux ans qu'un séisme important pouvait poser "un problème sérieux" à ses centrales nucléaires, selon des câbles américains obtenus par le site WikiLeaks. Un câble diplomatique américain révèle qu'un expert de l'AEIA s'était inquiété de ce que les réacteurs japonais n'étaient conçus que pour résister à des séismes d'une magnitude de 7 degrés. Selon lui, les systèmes de sécurité étaient obsolètes.


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