Concernant la pollution liée à « l'inondation » de boue toxique survenue en Hongrie lundi, la situation revient doucement à un état normal dans le Danube.
Après les dernières mesures effectuées vendredi dans la matinée, le niveau PH du Danube à Komarom (80 kilomètres à l'ouest de Budapest) était de 8,5 sur une échelle allant jusqu'à 14, a indiqué la porte-parole des services anti-catastrophe, Jyorjyi Tottos. Ce chiffre est légèrement supérieur à la normale, entre 7 et 8, mais n'a plus d'effets nocifs sur l'écosystème.
Le Danube ne sera pas dangereusement pollué
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a affirmé vendredi : "La bonne nouvelle est que nous avons réussi à maîtriser (la crise) et que, selon toute probabilité, des eaux menaçant l'environnement ne se jetteront pas dans le Danube, même sur le territoire hongrois". Dans le confluent de la rivière Raab et du Danube, ce niveau est de 9. A cet endroit, des pertes de poissons ont pourtant été observées.
Le bilan des morts en hausse
Cet accident chimique a été meurtrier et dévastateur. Le flux toxique provoqué par un déversement de boues rouges a fait sept morts, 150 blessés et trois personnes sont toujours portées disparues.
Comment est-ce arrivé ? Un réservoir d'une usine de bauxite-aluminium de la société MAL, située à Ajka (160 kilomètres à l'ouest de Budapest) s'était rompu lundi pour une raison encore inconnue, déversant plus de 1 million de mètres cubes de boue rouge toxique sur sept villages avoisinants.
Jeudi soir, les autorités ont drainé un lac de Kolontar pour essayer de retrouver les disparus, mais en vain. Plusieurs villages de l'ouest du pays ont été inondés par une marée de boue rouge toxique. Des équipes de nettoyage s'activent toujours à Kolontar et à Devecser pour réduire la toxicité de ces boues.
Le gouvernement hongrois a officiellement demandé à l'Union européenne jeudi soir l'aide de la protection civile européenne. Budapest souhaite l'envoi de "trois à cinq experts" spécialisés dans le domaine des boues toxiques, de la décontamination et de l'environnement.
La Serbie et la Croatie surveillent le Danube
La Serbie et la Croatie ont décidé de surveiller le Danube. Pour l'heure, il n'y a aucun signe de pollution dans ces deux pays situés en aval, a-t-on annoncé de sources officielles.
"Nous suivons la situation minute par minute et nous avons renforcé les mesures (de surveillance) sur le Danube, en coopération avec les autorités hongroises" a déclaré le ministre serbe de l'Ecologie, Oliver Dulic.
En Croatie, les autorités ont commencé à surveiller de près le Danube, à proximité de Batina, près de la frontière avec la Serbie, ont indiqué les Services croates de protection et de secours. Les premiers échantillons d'eau du fleuve ont été prélevés et continueront de l'être quotidiennement la semaine prochaine en fonction des prochains développements, a ajouté le communiqué.
Greenpeace met en garde contre une pollution durable
En ce qui concerne le risque de pollution durable de l'environnement dans la région de l'ouest de la Hongrie Greenpeace a déclaré vendredi (8 octobre) :
"Il y a un risque que la pollution affecte durablement l'environnement et la chaîne alimentaire" a averti Herwig Schuster, chimiste de Greenpeace. "Nous devons partir du principe que 4.000 hectares de terres sont inutilisables pour l'agriculture" a-t-il ajouté.
Une pollution de l'air est aussi à craindre
Selon les analyses réalisées mardi par l'organisation, "le taux d'arsenic de 110 mg par kg est deux fois supérieur à la normale. Le mercure est aussi en excès et peut être absorbé par les poissons" a-t-il affirmé. Greenpeace a demandé des analyses supplémentaires sur la présence de chrome dans les boues toxiques. Les résultats seront connus lundi.
Le chimiste a aussi pointé les risques d'une pollution de l'air, quand la boue rouge sèchera. "Dans l'immédiat, les substances sont retenues dans la boue et il y a peu de risque qu'elles se diffusent dans l'air. Le risque va augmenter avec le retour du beau temps" a-t-il prévenu.