Le ministère russe des Situations d'urgence a constaté jeudi (5 août) une légère amélioration sur le front des incendies qui ravagent la Russie depuis une semaine.
Mais il ne faut pas encore crier victoire car des feux se propagent désormais dans le sud du pays.
"Au cours des dernières 24 heures, on a constaté une baisse du nombre d'incendies mais pas assez pour que l'on puisse se réjouir" a déclaré le ministre des Situations d'urgence, Sergueï Choïgou. Il a cependant révélé que la situation s'était aggravée dans le Sud-ouest du pays, alors que jusqu'à présent l'ouest et le centre de ce pays étaient les plus gravement touchés par les incendies.
"Aujourd'hui (jeudi), une aggravation est apparue dans la région de Rostov (1.200 kilomètres au sud de Moscou) et nous pouvons constater un déplacement des feux vers le Sud" a-t-il ajouté.
Le bilan des morts passe de 48 à 50
Cinquante personnes ont péri dans les incendies, a annoncé jeudi (5 août) le ministère russe des Situations d'urgence. Quant à la canicule, elle persiste. "Un corps a été découvert dans la région de Nijni Novgorod (500 kilomètres à l'est de Moscou) et une personne a succombé à l'hôpital dans la région de Voronej (500 kilomètres au sud-est).
Des dizaines de milliers de pompiers, de militaires et de secouristes, continuent de se battre contre les incendies de forêt qui font rage sur des milliers d'hectares dans la partie occidentale du pays, frappée par une canicule sans précédent depuis début juillet.
Sur le terrain : la situation est difficile
Mercredi après-midi, une superficie globale de 188.524 hectares était en feu contre 172.371 hectares la veille. "Il n'y a pas eu de maisons brûlées au cours des dernières 24 heures" a reconnu le ministère. Depuis la fin de la semaine dernière, des villages entiers ont été ravagés par les flammes. Au total les incendies de forêt ont déjà détruit en Russie près de 668.000 hectares depuis le début de l'été.
Des installations stratégiques menacées par les flammes : Medvedev ordonne leur protection
Le président Dmitri Medvedev a ordonné mercredi de prendre des mesures pour protéger les installations stratégiques du pays, notamment nucléaires, contre les violents incendies de forêt : "Je suis sûr que nous allons nous en sortir", estimant que la situation était "sous contrôle, même si une évolution négative n'est pas à exclure". "J'ordonne au gouvernement d'établir au plus vite, d'ici à deux jours, (...) quelles installations doivent être considérées comme présentant un danger particulièrement élevé" en cas d'incendie, a-t-il également déclaré.
Les matériaux radioactifs évacués
"Tous les matériaux explosifs et tous les matériaux radioactifs" ont été évacués du centre nucléaire russe de Sarov, en raison des incendies de forêt qui le menacent depuis quelques jours, a indiqué Sergueï Kirienko, le patron de l'agence du nucléaire Rosatom. "On peut garantir que même en cas de situation extrême (...) il n'y a pas de risque pour la sécurité nucléaire" a-t-il précisé.
Les flammes se rapprochent de Sarov
Selon le ministre des Situations d'urgence, Sergueï Choïgou, les flammes ont atteint le vaste territoire du centre de Sarov, connu depuis la guerre froide sous le nom d'Arzamas-16. Les flammes sont actuellement à quatre kilomètres des premières installations de Sarov.
"Un feu de forêt est en cours sur 300 hectares à l'intérieur du territoire du centre, mais il est à quatre kilomètres de l'installation la plus proche" a-t-il dit.Serguéï Choïgou a indiqué qu'un incendie qui menaçait une centrale nucléaire à Novovoronej, dans la région de Voronej à 500 kilomètres au sud de Moscou, était désormais sous contrôle.
La fumée se dissipe sur Moscou
Une bonne nouvelle ! La fumée âcre des feux de forêt et de tourbière a commencé jeudi à se dissiper dans la capitale russe. La visibilité sur les autoroutes était suffisante, ainsi que dans les aéroports qui fonctionnaient normalement, a indiqué l'agence Interfax.
L'air encore irrespirable mercredi
Un vent chaud avait répandu mercredi la fumée âcre des feux de forêt et de tourbières de la région partout dans la capitale, même dans le métro. Dans certaines stations de métro, les conducteurs ne voyaient guère les dernières voitures des trains" relève le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda. Dans les rues de Moscou, plusieurs passants portaient des masques de protection, d'autres s'appliquaient un chiffon humidifié sur la bouche et le nez.
"Mercredi (4 août) est devenu le jour le plus toxique de cet été" a indiqué le quotidien Izvestia, en soulignant que la concentration de l'oxyde de carbone dans l'air avait été environ cinq fois plus élevée que la norme. La canicule était encore d'actualité sur Moscou où les températures ont atteint 27°C mercredi dans la matinée.
La mortalité en hausse à Moscou ?
Selon certains médias russes, la mortalité à Moscou aurait fortement augmenté depuis le début du mois de juillet en raison de la canicule qui frappe l'ouest de la Russie. Cette information a été aussitôt démentie par le ministère russe de la Santé
L'été de tous les records de chaleur
L'été 2010 devrait battre tous les records de chaleur à Moscou depuis l'ouverture des registres de température il y a 130 ans, ont indiqué les services météorologiques. Un maximum historique a été atteint la semaine dernière avec 38,2 degrés dans la capitale, mais pourrait être battu dans les prochains jours. Les météorologues estiment que la canicule et la sécheresse qui durent depuis plus d'un mois dans l'ouest de la Russie devraient se prolonger au moins jusqu'à la fin de la semaine.
Les exportations de céréales interdites
La Russie va introduire du 15 août au 31 décembre 2010 un embargo sur les exportations de blé et de produits dérivés en raison de la chute des récoltes due à la canicule qui frappe le pays, a déclaré jeudi le Premier ministre, Vladimir Poutine.
La Russie, qui fournit environ 8 % de la production de blé de la planète et est le troisième exportateur mondial, avait annoncé en début de semaine une révision à la baisse de ses récoltes de blé à 70-75 millions de tonnes cette année, contre 90 millions de tonnes habituellement.
En 2009, la Russie a exporté 21,4 millions de tonnes de céréales. "Il faut empêcher l'inflation des prix intérieurs et également sauver les têtes de bétail" en préservant les fourrages, a expliqué Vladimir Poutine. "Nous allons accorder une aide financière de 890.000 euros aux producteurs de céréales touchés par la sécheresse, a poursuivi le Premier ministre russe.
Et si les incendies s'approchaient de Tchernobyl...
Ces incendies font peser un risque écologique sur la zone irradiée après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986. En effet, des particules radioactives pourraient être renvoyées dans l'atmosphère.
"Nous contrôlons minutieusement la situation dans la région de Briansk, en particulier au sud, dans le district de Novozybkov, qui a été sérieusement pollué à la suite à la catastrophe" a indiqué le ministre Sergueï Choïgou. "Si un incendie apparaissait là-bas, des radionucléides pourraient s'envoler avec la fumée et une nouvelle zone polluée apparaîtrait" a-t-il ajouté. Retour sur cette catastrophe en cliquant ici