Où en est le programme de lutte contre la déforestation lancé par l'Indonésie et soutenu financièrement par la Norvège ? Il est, semble-t-il, menacé selon Greenpeace ? Et menacé par qui ou par quoi ? Par les producteurs d'huile de palme et de bois.
La mise en place par le gouvernement d'un moratoire de deux ans sur les permis de déboisement est "systématiquement sapée par le pouvoir des industries de l'huile de palme et de la pâte à papier" a dénoncé Bustar Maitar, responsable de Greenpeace à Jakarta.
Comme le Brésil et la République Démocratique du Congo, l'Indonésie possède l'une des plus grandes forêts équatoriales au monde.
Dans un nouveau rapport, l'organisation écologiste affirme que des programmes d'expansion visent à tripler la production d'huile de palme d'ici 2020 et de pulpe et pâte à papier d'ici 2025.
Les industriels utilisent les "définitions ambiguës" qui permettent de classer des forêts en terres "dégradées" et de les "réhabiliter" en y plantant des palmiers à huile ou des acacias, explique Greenpeace.
Les principes du mécanisme de financement REDD (réduction des émissions liées à la déforestation), dont de nombreux projets sont développés en Indonésie, seront dévoyés, regrette l'organisation. Le risque existe de voir les fonds REDD, "qui sont destinés à soutenir la protection des forêts, être en fait utilisés pour favoriser leur destruction" selon elle.
Les zones de plantation prévues comprennent 40 % des forêts naturelles existant encore dans l'archipel. Selon les experts de l'Onu, la déforestation représente 17 % des émissions globales de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur du transport.