Bagdad, qui craignait une "catastrophe" cet été si la Turquie continuait de retenir l'eau du Tigre et de l'Euphrate, peut pousser un ouf de soulagement. Selon le ministère irakien des Ressources hydrauliques, la Turquie a accru le débit de l'eau de l'Euphrate à 570 m3/s. "Nous espérons que nos voisins turcs vont continuer à accroître le niveau de l'eau pour garantir l'irrigation de notre agriculture" a affirme le ministère.
Au début du mois, l'Irak avait annoncé que la Turquie avait décidé d'ouvrir les vannes de ses barrages pour porter le débit du fleuve de 515 m3/seconde à 715 m3/s en juillet, août et septembre.
Le ministre irakien des Ressources hydrauliques Abdel Latif Rachid avait déjà annoncé en mai que la Turquie avait augmenté le débit du fleuve de l'Euphrate de 130 m3/s, le portant à 360 m3/s.
Grâce à cette augmentation, les besoins d'irrigation dans les provinces du sud vont par conséquent être augmentés et elle va aussi permettre de remédier au manque d'eau dans les réserves du barrage de Haditha et du lac de Habaniya.
Depuis trente ans, la Turquie dresse de nombreux barrages en amont pour permettre l'irrigation de ces terres agricoles au sud-est. Ces ouvrages lui permettent de réguler le débit des fleuves en fonction de ses besoins. Mais cette régulation pénalise l'Irak. Le débit de l'Euphrate n'était plus début mai que de 230 m3/seconde à son entrée en Irak, alors qu'il était encore de 950 m3/s en 2000.