Il ne faut pas encore crier victoire mais il semblerait qu'un plan d'action pour protéger le climat se profile à l'horizon. Le président français Nicolas Sarkozy a avoué : "Ca progresse".
L'Italie en train d'obtenir tout ce qu'elle veut
L'Italie semble satisfaite : "On se dirige vers un compromis. L'Italie est en train d'obtenir tout ce qu'elle veut" a indiqué le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. L'Italie veut notamment que son industrie manufacturière bénéficie d'exemptions très larges dans le cadre du plan européen sur le climat, qui prévoit de faire payer des droits de pollution aux secteurs les plus énergivores. Elle souhaite aussi une "clause de rendez-vous" pour pouvoir réexaminer les décisions qui seront prises par l'Europe.
Quelques heures avant le sommet qui réunit les 27 pays dirigeants à Bruxelles depuis le 11 décembre, Silvio Berlusconi avait brandi une menace de veto si les concessions réclamées par l'Italie n'étaient pas acceptées par ses partenaires de l'Union européenne.
L'Allemagne n'est plus contre le mécanisme de solidarité
La délégation allemande a levé son opposition à un mécanisme de solidarité des pays riches de l'Union européenne en faveur des pays pauvres d'Europe de l'Est, prévu dans le plan. Cette aide devrait permettre aux pays plus pauvres de s'adapter aux nouvelles normes environnementales tout en se développant économiquement. Il s'agit d'allouer aux pays les moins développés une partie des quotas d'émissions à mettre aux enchères en Europe à partir de 2013.
Dérogation accordée à la Pologne
La Pologne a obtenu une grande souplesse dans la mise en oeuvre de la dérogation accordée à ses centrales thermiques au charbon, qui n'auront à payer pour la totalité de leurs émissions de CO2 qu'en 2020. Elle devra payer pour seulement 30% de ces émissions en 2013, puis pourra gérer à sa convenance l'augmentation progressive de cette obligation, alors qu'une précédente mouture l'obligeait à une progression régulière, pour être à notamment 50% en 2016.
En revanche, le texte souligne, à la demande de l'Allemagne, que les centrales qui entreront en fonction après le 31 décembre 2008 ne pourront pas bénéficier de cette dérogation. Berlin craignant que de nouvelles centrales s'installent en Pologne uniquement pour profiter de ces dérogations.
La Suède a également fait part de son intention de renoncer à toute demande pour faciliter un accord.
La Hongrie juge insuffisant le mécanisme de solidarité
La présidence française de l'Union européenne doit encore trouver un compromis avec la Hongrie, qui juge insuffisant le mécanisme de solidarité prévu pour les pays plus pauvres d'Europe de l'Est. "On a un problème avec la Hongrie parce que ce qu'ils veulent n'est pas
acceptable" a souligné un diplomate français
Le saviez-vous ?
En mars 2007, les Européens avaient pris un triple objectif pour 2020 : réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d'économies d'énergie. Tous les secteurs économiques doivent participer à l'effort. L'industrie doit réduire de 21% ses émissions sur 8 ans.
Les usines européennes lâchent chaque année 2 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, la moitié des émissions de l'Union européennes.
Pour les obliger à tenir cet objectif, la Commission européenne propose que les industriels achètent aux enchères des quotas d'émissions de CO2 à partir de 2013.