Yannick Jadot, ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, a déclaré mardi qu'une enquête avait été ouverte sur de présumées "pratiques d'espionnage" de ses ordinateurs dans lesquelles EDF "serait clairement impliqué".
Deux hauts responsables de la sécurité de l'entreprise publique EDF ont d'ailleurs été mis en examen le 24 mars et lundi pour "complicité d'intrusion informatique" a-t-on appris de source proche du dossier.
Trois autres personnes sont mises en examen dans ce dossier : un informaticien, soupçonné "d'intrusion informatique" et deux "intermédiaires" dont le patron de la société privée de renseignement Kargus Consultant. Selon "Europe écologie", il est attendu à la direction centrale de la police judiciaire le 2 avril dans le cadre de cette affaire.
EDF confirme qu'une instruction judiciaire est en cours
Des locaux d'EDF ont été perquisitionnés dans le cadre d'une enquête pour espionnage informatique, a indiqué une porte-parole du groupe français. Dans l'après-midi, le groupe EDF a confirmé qu'une instruction judiciaire était en cours pour une "intrusion frauduleuse dans des systèmes d'information" et a annoncé s'être porté partie civile "en qualité de victime de (la société) Kargus" a indiqué une porte-parole d'EDF.
Ces pratiques viseraient plus largement toute personne et toute organisation qui travaille sur le nucléaire
En début d'après-midi, Yannick Jadot avait déclaré : "Il apparaît qu'EDF serait clairement impliqué dans des pratiques de barbouzes en terme de piratage et d'espionnage sur ma personne et sur mon système informatique".
Il a aussi ajouté : "Ces pratiques viseraient plus largement toute personne et toute organisation qui travaille sur le nucléaire et ne travaille pas forcément dans le même esprit qu'Areva ou le président de la République. L'enquête est en cours, je me suis constitué partie civile et je n'ai pas encore vu le dossier".
Yannick Jadot a estimé : "Si l'implication d'EDF était avérée, on est là devant un scandale énorme.
L'ancienne juge Eva Joly a jugé cela "totalement choquant mais pas véritablement étonnant", affirmant que "des services au service du pouvoir manipulent", citant l'affaire Clearstream et Elf.
"Il y a cette culture du secret qui veut écarter les citoyens et les associations de domaines entiers de la vie publique".
On nous traite comme des terroristes parce que nous osons remettre en cause le modèle énergétique
"Greenpeace est une organisation écologiste, pacifiste et non-violente" s'insurge Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. "Le fait qu'on nous traite comme des terroristes parce que nous osons remettre en cause le modèle énergétique français montre bien à quel point le nucléaire supporte mal la transparence et le débat démocratique".