Les participants au Forum mondial de l'eau, qui se tient à Istanbul jusqu'au 22 mars, ont pris connaissance d'un message envoyé par le président palestinien Mahmoud Abbas qui estime que la question de l'eau dans les territoires palestiniens doit être statuée au plus tôt :
"La situation est non seulement injuste mais inutile : les Palestiniens estiment depuis longtemps que la question de l'eau devrait être retirée des dynamiques de conflit, et en particulier de ce conflit. Les Palestiniens ne devraient pas être contraints d'attendre qu'un accord de paix soit conclu avant d'être autorisés à utiliser une part légitime des ressources en eau transfrontalières". Il a également affirmé : "Israël ne peut continuer à contrôler unilatéralement ces ressources"
"Lorsqu'il s'agit de l'eau, tous les êtres humains ont les même besoins"
Selon lui, la consommation d'eau d'un Palestinien est quatre fois inférieure à celle d'un Israélien. La raison de cette disparité n'a rien à voir avec le mode de vie des Palestiniens et des Israéliens - lorsqu'il s'agit de l'eau, tous les êtres humains ont les même besoins - mais est due à (...) une distribution inéquitable" a-t-il ajouté.
La Palestine signera la Convention de l'ONU
De son côté, Shaddad Attili, chef de la Palestine Water Authority, a annoncé "l'engagement de la Palestine" à signer, "lorsqu'elle deviendra un Etat", la Convention de l'ONU sur les cours d'eau transfrontaliers.
Ce texte adopté en 1997, mais qui n'est toujours pas entré en vigueur, prévoit en particulier que les Etats utilisent les cours d'eau internationaux de manière "équitable et raisonnable".
Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par 35 Etats. Seuls 16 l'ont fait à ce jour. La France a annoncé début mars qu'elle avait l'intention de le ratifier.
La situation n'est pas viable sur le moyen terme
Le Comité international de la Croix-Rouge a appelé cette semaine les Etats participant au Forum mondial de l'eau à s'engager à protéger l'eau et les réseaux sanitaires en temps de guerre.
"L'impératif humanitaire dicte de trouver des solutions pour l'accès à l'eau potable et à l'assainissement" a expliqué Robert Mardini, directeur du département eau et habitat de ce comité.
Il a ensuite ajouté : "La situation n'est pas viable sur le moyen terme. Gaza a doublé de population en 20 ans, Gaza utilise une nappe phréatique en mode de surexploitation et de plus, il y a une pollution de cette nappe. Le matériel nécessaire à l'entretien du parc d'eau existant -ciment, tuyaux, pompes- doit pouvoir entrer librement à Gaza. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas". 
Le saviez-vous ?
Selon le Comité international de la Croix-Rouge, un quart des 1,2 milliard de personnes qui n'ont pas accès à une eau potable propre vivent dans des pays frappés par la guerre.