La réaction de la ministre de l'environnement italienne Stefania Prestigiacomo a été immédiate après l'annonce de la création d'un "forum de l'énergie et du climat", qui se tiendra à Washington (Etats-Unis) les 27 et 28 avril : "La véritable négociation sur le climat aura lieu à Copenhague en décembre car c'est là que seront pris les engagements pour 2020 et au-delà. Au G8 sur le climat de Syracuse (22-24 avril) comme à celui de la Maddalena (8 au 10 juillet) nous chercherons une large implication des pays" a-t-elle souligné.
La ministre italienne a estimé que "n'arrivaient pas des Etats-Unis des signes très encourageants pour qui a à coeur un engagement fort sur le climat" citant les réactions "très tièdes pour ne pas dire froides" du Congrès aux propositions du président Obama.
Ce forum réunira les grandes économies mondiales
La création de ce "forum sur l'énergie et le climat", qui réunira les grandes économies mondiales, a été annoncée par le président américain Barack Obama. Il sera suivi du sommet des chefs d'Etat à La Maddalena (Italie) en juillet (à l'occasion du G8).
Ce forum aura pour but de "faciliter un dialogue entre les plus grands pays développés et en développement et d'aider à créer les conditions politiques nécessaires pour parvenir à un résultat lors des négociations sur le changement climatique à l'ONU qui doit se réunir en décembre à Copenhague" a précisé la présidence américaine.
Il s'agira également de "faire avancer la recherche concrète d'initiatives et de partenariats commerciaux qui pourraient augmenter le recours aux énergies propres et réduire les émissions de gaz à effet de serre".
Le Danemark et les Nations unies ont également été invités
Les pays invités sont les suivants : l'Australie, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Canada, la Chine, l'Union européenne, la France, l'Allemagne, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis. Le Danemark et les Nations unies ont également été invités.
Des dizaines de milliards de dollars seront consacrés à la lutte contre le réchauffement
Barack Obama veut ramener en 2020 les émissions américaines à leur niveau de 1990, soit une baisse autour de 15% comparé à aujourd'hui. Le président Obama s'est dit plusieurs fois favorable à un système de vente de droits d'émission de gaz carbonique, déjà en vigueur dans l'Union européenne.
Pour le successeur de George W. Bush, le seul moyen de lutter contre le réchauffement climatique est de faire payer les pollueurs. Des dizaines de milliards de dollars seront consacrés à la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre du plan de relance économique de l'administration américaine.
"Il ne s'agit pas d'un processus de négociations mais d'une plateforme de discussions très précieuse et très utile. Je suggère que ce groupe parle aussi du financement de la lutte contre le réchauffement et de l'adaptation à ses impacts pour les pays les plus pauvres" a reconny Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques.
La réunion de Bonn est la première d'au moins trois sessions
La réunion de Bonn, qui se tient jusqu'au 8 avril sous l'égide de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques et en présence de délégués de 175 pays, est la première d'au moins trois sessions et "doit aider à clarifier les positions" a souligné Yvo de Boer.
Dans la ville allemande, les pays industrialisés doivent dire s'ils sont prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990, ainsi qu'à long terme (2050). Et surtout de combien ? Mais les pays en développement sont aussi appelés à s'engager sur des politiques qui réduiraient leurs émissions polluantes.
Il faut trouver le moyen d'associer les Américains au nouvel accord
A ce jour, il n'y a que les nations dites développées qui sont soumises aux contraintes de réduction du Protocole de Kyoto, hormis les Etats-Unis qui ne l'ont jamais ratifié. Avant le mois de décembre, il faut donc trouver le moyen d'associer les Américains au nouvel accord ainsi que les grands émergents comme la Chine, devenue premier pollueur mondial.
La réunion de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques à Copenhague en décembre, doit en effet permettre de finaliser un nouvel accord afin de relayer la première phase du protocole de Kyoto qui expire fin 2012.